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 « L’Or et l’Azur » [Lee ~ Yélos]

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Leader de la Walkyriade d'Eôs

Yélos Or'Eälis
Leader de la Walkyriade d'Eôs

□■□■□
Nationalité: Pyrélien
Race: Lycan

Points RPG: 161
MessageSujet: « L’Or et l’Azur » [Lee ~ Yélos]   09.02.11 23:55
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Le Dieu Hélios avait fini sa course sur son extraordinaire royaume, il s’était couché avec son compagnon Eôle, en effet le vent avait cessé ses plaintes. La déesse Nyx, elle, s’était éveillée ce soir et était parée de sa longue robe vespérale. Le bal avait déjà commencé, Nyx avait rejoint sa consœur, la Muse Uranie, qui dansait sur la scène sidérale. A leur suite, de leurs gestes doux et fluides, virevoltaient les nymphes astrales qui pétillaient de joie, qui flamboyaient de mille feux, sous la voute céleste : les Ouranies. Cette valse était conquise par le chant des étoiles filantes qui psalmodiaient au pourtour de la piste de danse leur mélopée divine, dans leur sublime transe. Cette exaltation sans nom était amplifiée par un orchestre, cette symphonie qui jouait une musique suave et rythmé, comme une seule, de leur nombre infini, dans l‘unisson des Comètes qui s'appliquaient sur leurs instruments. Au milieu de ces courtisanes du Ciel, des nymphes, des muses, se tenait la Reine du voile céruléen, sur son trône marmoréen et chryséléphantin, la Reine Séléné, qui portait une robe à moitié brodé de la candeur des dieux, et l‘autre moitié ouvragé d‘un voile nocturne. Sa beauté sans nom illunait le sable qui caressait et longeait la Mer Etoilée de Néros, sa Majesté illuminait les vaguelettes qui cajolaient la plage, non pas algide de cette nuit profonde, mais fraiche sous l’onde tutélaire.

Non loin de la plage immaculée, se trouvait un vaisseau, ouvert, mais vide. Sa rampe et son entrée béaient sur cette grève… Cette grève en question était magnifique, sereine, calme… Seules les vagues venaient s’y abandonner, pour courir sur le sable, et revenir vers leur père Poséidon. C’était comme si les Océanides, sans cesse, s’adonnaient à exprimer leur joie à la lisière de la terre… Ce soir, sous le règne de Séléné, ces Nymphes des mers venaient murmurer aux pieds de Lee et de Yélos. Ils étaient tous deux assis, la jeune femme contre le lycan… La plage était assez étendue et plane pour que seul un fin filet d’eau ne soit devant eux, sur une trentaine de mètres d’ailleurs.

Ce soir, c’était le repos, cela faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pas partagé un moment si paisible et sublime, ensemble… Yélos ne pouvait être mieux, Séléné brillait sur son corps, et Lee sur son cœur. Il avait à la fois ses deux astres tutélaires… Le jeune rebelle serrait sa compagne dans ses bras, ce moment était si… Parfait et superbe… Un des rares qu’il avait vécu avec son Soleil… La lune baignait la mer de son aura blanc, que les vagues reflétaient à tour de rôle, dans un scintillement ineffable et gracieux… Le ciel lui, brillait, comme en harmonie avec l’étendue liquide.

    « Nous devrions faire des pauses comme celle-ci plus souvent, mon Soleil… » murmura-t-il, avec un sourire qu’elle ne pouvait voir, mais qui se faisait remarquablement sentir dans le timbre de sa voix.

D’un geste attentionné, il retira ses bras qui enserraient Lee, d’une caresse légère. Puis maintint son dos de manière à ce qu’elle ne tombe pas, et d’un même mouvement, il tira délicatement sur l’avant bras de la déesse d'Églantine, qui se releva gracilement. Il enleva ses chaussures, retira sa veste noire, et les mis au bord de l’eau. Puis il s’y avança, la lune face à lui, il était entre Lee et la Reine des Nuits, le fin filet d’eau n‘était pas froid, même agréable, de quelques centimètres à peine. L’enfant de la Nuit était habillé d’un pantalon simple, et d’une chemise. Enfin il se stoppa net, pour se retourner vers sa conjointe, tout sourire. Il la regarda minutieusement un instant, elle était si belle, si unique, le lycan n‘avait aucun mot pour la décrire, tout ce qui touchait à Lee, touchait à l‘ineffable… Ce soir, elle était vêtue d’un short, dissimulé en jupe, son haut était un chemisier brun, à manches courtes…

Après un moment de contemplation réciproque, il dit d’une voix chaleureuse et amusée :
    « Un petit entrainement ? »
Là… La musique céleste prit un tout autre rythme. La Nuit et l’Univers dansaient sur un son plus rapide. On sentait que sous l’harmonie des notes de la Nature, allait se dérouler la danse des Dieux endormis. Ce soir, le Soleil et l’Azur, tous deux personnifiés en ce deux êtres aimants, allait animer la cérémonie des Dieux, de leurs pas compassés et interdépendants. Nyx et Uranie, les Nymphes et les Muses, laissaient la piste de danse aux Dieux en sommeil…


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Dernière édition par Yélos Or'Eälis le 02.09.11 17:34, édité 6 fois
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Lee Eithan
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Nationalité: Pyrélia
Race: Humaine aux gènes robotisés

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MessageSujet: Re: « L’Or et l’Azur » [Lee ~ Yélos]   16.02.11 0:50
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La nuit se mêlait à la mer et la mer à la nuit. Nyx et Poséidon ondoyaient tous deux dans une valse voluptueuse, enchevêtrant leurs voiles bleus et noirs jusqu’à l’horizon. Néréides et Ouranies, scintillantes et tournoyantes, formaient leur cortège dansant, tandis que l’auguste Séléné les couvrait de son jupon de lumière. L’atmosphère était chargée d’une magie bienfaisante que les valseurs éthérés répandaient sur leurs pas légers. La Nature était en fête, ce soir, et le Monde riait aux éclats dans une ivresse incomparable. Le manteau de Poséidon allait et venait sur le sable fin, tandis que les nymphes de la mer chantaient son flux et son reflux de leurs voix suaves.

Pour Lee, cette contemplation était hors du temps. Son cœur lui semblait si léger dans sa poitrine, prêt à s’envoler, et il tambourinait dans sa poitrine comme un oiseau en cage. Une synesthésie totale s’était emparée de son corps et l’accaparait toute entière. Ses sens mêlaient chacune de leurs perceptions : les parfums piquants de la saumure correspondaient avec l’aria des vagues, la brise marine caressait ses joues et son regard embrassait le spectacle auquel se livraient les danseurs astraux et océaniques… L’instant qu’elle vivait n’avait plus rien à voir avec l’enfer qu’était son quotidien : c’était l’essence de l’harmonie. La torture, la souffrance, la terreur, la tension, tout cela n’avait plus la moindre signification. Ne comptaient plus que la perfection de ce moment et Yélos. Yélos… Yélos, c’était lui. C’était lui qui lui inspirait tant de poésie et de plénitude… Sans Yélos, le regard de Lee n’aurait jamais décelé la paix et la beauté de ce lieu. D’ailleurs sans doute ne serait-elle jamais arrêtée ici, s’il n’avait pas existé… Peut-être serait-elle encore une fière créature, hostile et toujours poursuivie par d’innombrables ennemis… Peut-être serait-elle-même morte, enterrée six pieds sous terre, après une vie d’horreurs et de lutte acharnée. Toutefois… Toutefois, à quoi bon imaginer l’indicible alors qu’elle vivait l’ineffable ? Elle sentait Yélos autour d’elle, elle sentait sa chaleur sur son corps, son souffle dans sa nuque, elle le sentait tout à elle. Il l’illuminait. Sans son Soleil, sans Hélios, le monde serait encore obscur, redoutable et obstacle pour Lee… Avec lui, l’univers révélait ses richesses secrètes et ses splendeurs cachées… Sans Hélios, elle n’aurait vu ni Nyx et sa robe de velours noir, ni Poséidon aux cheveux bleus, ni ses Néréides chantantes, ni Séléné la Blanche, ni les Ouranies ondoyantes… Sans lui, la magie des Mers Etoilées ne se serait jamais allumée.
    « — Nous devrions faire des pauses comme celle-ci plus souvent, mon Soleil… » souffla alors la voix de Yélos, qui se détachait par sa profondeur et sa suavité de la mélopée marine.

Le timbre doux du lycan vibra aux oreilles de la jeune femme qui en frémit de bien-être. La phrase qu’il avait prononcée déferlait en Lee comme une vague de chaleur… Les lèvres qui avaient formé ces mots, la Walkyrie aux cheveux d’églantine les imaginaient frémissantes d’un sourire céleste. Sans même le voir directement, elle devinait, elle savait au plus profond d’elle-même quel était son sentiment. Un épanouissement absolu, mêlé à une euphorie sans borne. C’était étrange comme cette fusion de lui et d’elle, comme leur fusion s’accomplissait si totalement. Leurs émotions se liaient et correspondaient parfaitement, enchevêtrées ensemble comme un tissu indestructible.

Avec toute la douceur qui le caractérisait, le jeune homme redressa Lee qui se leva prestement. Alors, il s’éloigna de quelques pas, retira chaussures et veste et plongea ses pieds dans l’onde claire. Sa silhouette divinement proportionnée, harmonieuse et équilibrée, se dressait contre le halo blanc de Séléné. Aux yeux de Lee, il se détachait comme un véritable soleil de la blancheur de la lune. C’était son Soleil, son Soleil à elle, qui brillait pour elle plus que la Reine d’albâtre sous le manteau de Nyx. Il n’était pas un intrus au milieu du ballet des cieux et de la mer. Au contraire, il en était l’invité d’honneur : les divinités semblaient lui octroyer une place de choix dans leur danse, comme s’il constituait le Dieu tant attendu de la soirée. Hélios. Lee le considérait avec une admiration éperdue, et une attirance sans borne… Les yeux du jeune homme avaient capturé deux soleils rougeoyants qui se trouvaient désormais nichés sous des cils bleu nuit… Son regard, un coucher de soleil. Au détriment de tout ce que les Grecs avaient pu dire, le Soleil était ici l’enfant de la Nuit, Hélios, fils de Nyx.

Le corps de Yélos, illuné, semblait sculpté dans un ivoire pur : sa peau opalescente rivalisait avec l’immaculée de Séléné. La brise vespérale caressait ses muscles éburnéens et ses courbes voluptueuses et, alors qu’il était immobile, il avait déjà toute la grâce d’un danseur éthéré. La contemplation de Lee mettait jour au désir de s’approcher de lui, tout près, de sentir s’émaner la chaleur de son corps, d’avoir son regard en fusion plongé dans le sien, de percevoir son souffle sur son visage… Soudain, la voix douce du jeune homme la coupa de sa rêverie sensuelle :
    « — Un petit entraînement ? »

Une lueur amusée s’était allumée dans les prunelles du lycan. Lee lui lança un sourire enjoué et entendu. Cette proposition avait été faite avant leur arrivée et ils avaient émis cette envie durant leur trajet jusqu’ici. Non, ce n’était pas par désir de se mesurer l’un à l’autre, de se comparer, ou quoique ce soit qui ait lien avec la compétitivité, non… C’était leur manière de s’allier corporellement, de se sentir physiquement ensemble dans une union harmonieuse, leur manière de danser, en somme.

Lee, la mine euphorique, ôta ses bottes et ses chaussettes pour effleurer le sable de ses pieds, avant de les y plonger avec délice. Elle ferma un instant les yeux pour goûter à ce plaisir étrange… C’était quitter le banc du spectateur pour entrer dans le bal. Une ivresse, une extase incomparable naissait en sa poitrine et envahissait tout son corps… Elle ouvrit les yeux. Yélos… Un morceau de plénitude dans un chaos incessant…
Puis elle détourna son regard pour le poser sur deux bokkens en bambou qu’elle avait choisi parmi tout son attirail d’armes. Le bambou n’était pas le bois de prédilection de ce genre d’outil et pouvait se briser à force de coups, mais étouffait les chocs et, de la sorte, émettait un bruit sourd, plus discret. Après tout, ce n’était pas la puissance que les deux rebelles chercheraient à atteindre, mais un type de combat souple, agile, gracieux, vif, dansant… Lee lança un des sabres en bois à Yélos qui l’attrapa avec une sûreté et une dextérité qui faisait plaisir à voir.

Alors, tout en affichant un air réjoui, elle se mit en garde, les pieds plongés dans le sable frais. C’était une position tout à fait singulière. Tendue comme un arc, mais rétractée comme un ressort. En des termes plus élégants, elle adoptait un maintien félin, prêt à se jeter en avant à une vélocité prodigieuse… Yélos, lui, avait un port plein de noblesse, et un regard vigilant, attentif à ses moindres mouvements… Elle ne montra aucun appel. Le loup face à la panthère, l’or face à l’azur. Habituellement, lorsque Lee combattait, elle s’appliquait à exprimer une froideur redoutable qui ne laissait rien transparaître de ses émotions. Montrer ses sentiments, c’était être nu, être nu, c’était faible, être faible, c’était être mort. Mais en l’occurrence… Ce combat n’avait rien d’un combat. Ses yeux brillaient d’un bleu électrique et un sourire malin et joueur s’était emparé de ses lèvres. Elle lança un regard brillant au jeune homme aux cheveux céruléens et dit d’un ton subtil :
    « — Je suis prête à mener la danse, Yélos. »

Yélos… Prononcer ce nom-même était aussi délicieux que de goûter au nectar divin… Yélos, Yélos, cela sonnait comme un rayon de soleil… Elle eut un battement de sourcil d’enivrement et le regarda avec un amalgame de tendresse et de bouillonnement. Puis, soudain, sans aucun appel, elle lança l’assaut, comme elle l’avait toujours fait. Celui qui prend l’initiative a l’avantage. Puis, sa phrase avait sonné comme un petit défi… Qui mènerait la danse, elle ou lui ? Elle se jeta sur Yélos et leur valse commença enfin. Les Néréides chantaient de plus belle, Poséidon fouettait la plage de son manteau humide, Nyx ondoyait entre Séléné et Uranie et les nymphes astrales déployaient leurs robes de lumière… Lorsqu’elle fut proche de lui, si proche de lui, elle ressentit à quel point cette danse serait poignante… Les deux sabres de bois se rencontrèrent. Les corps de Yélos et de Lee se rapprochaient et se séparaient, s’effleuraient et se quittaient au gré de leurs pas compassés et harmonieux… A ressentir la proximité du jeune homme, son cœur s’emballait singulièrement, son visage s’empourprait, ses pensées se confondirent… L’Or et l’Azur fusionnaient.

Ils valsèrent tout d’abord sur le sable. Leur démarche leur semblait pesante : leurs pieds s’engonçaient dans la roche meuble et mouvante. Ce fut tout d’abord amusant, puis Lee voulut rechercher une autre forme de légèreté. D’un élan insaisissable, pareille à un courant d’air, elle fut presque contre la poitrine de Yélos, le regarda dans les yeux, sentit son souffle avec délectation et posa sa main sur sa poitrine. D’un geste vigoureux, elle le poussa vers le filet d’eau dans lequel ondulaient les reflets de Séléné et des Ouranies. Puis elle le rejoignit d’un bond fauve et fit à nouveau tournoyer son sabre. Ils s’avançaient, davantage et davantage dans l’onde qui, en somme, se révélait assez profonde, et Lee eut bientôt les jambes immergées jusqu’aux genoux. Le goût salé de l’eau pénétrait sa bouche et lui donnait un nouveau sentiment vivace. Elle feintait avec ruse, bondissait çà et là, mais toujours, toujours son bokken rencontrait celui de son partenaire.

Elle était grisée. Prête à virer, voleter et virevolter jusqu’au bout de la nuit… La fête battait son plein, les esprits des Divinités endormies transcendaient leurs songes et pénétraient les corps électrisés de deux danseurs de la Vie… Yélos et Lee vivaient, leurs cœurs battaient, leur sang affluait, leurs sens s’éveillaient… C’était la valse du jour, au cœur de la nuit.

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« Pick a star on the dark horizon and follow the light. »




Dernière édition par Lee Eithan le 02.09.11 16:23, édité 1 fois
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Yélos Or'Eälis
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MessageSujet: Re: « L’Or et l’Azur » [Lee ~ Yélos]   09.03.11 1:06
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Ce lieu était vraiment des plus magnifiques, des plus imaginaires, cela faisait très longtemps, bien longtemps que le fils de la Lune n'avait pas vu pareille merveille, pareil émerveillement, pareil envoutement. Mais tout le charme de ce lieu, celle qui enchantait cette grève de son ineffable présence, c’était Lee. Yélos aurait pu lui attribuer tous les surnoms possibles, toutes les périphrases imaginables, rien n’aurait été assez puissant et fort pour décrire ce que représenter la jeune femme pour lui.

Sans son Soleil, tout perd de sa lumière, rien n’a le même éclat, ni la même vigueur. Tout est fade, sans goût, le goût n’est alors qu’un sens sans sapidité, pour toutes choses, tout devient amère et son intensité naturelle est alors éteinte, il en va de même pour tous les sens. Le toucher reste froid, voire insensible, l’approche n’est guère plaisante et instinctive, alors que l’ouïe ne détecte plus la même gracilité dans la mélodie ou l’odorat plus le parfum qui manque. A travers l’attrait absent de l’autre, on se sent absent nous même, sans vie. L’autre ne serait alors que le reflet de notre respiration propre, ce serait le réceptacle de notre propre chaleur. C’est là ce lien d’interdépendance si indescriptible et à la fois si fascinant, si indissociable de soi.

Loin de sa magnifique compagne, le descendant lycanesque perd tout ce qui fait son identité, il ne se sent plus lui, il se perd lui-même, à vrai dire. C’est pourquoi en ce moment, il se sentait vivre, il se sentait lui, à part entière. Les pans de sa chemise restait figé, ce soir, il n’y avait aucun vent, pas une seule brise, rien ne venait perturber la scène d‘euphorie. La fête nocturne débutait, tout était parfait…

A sa question, un sourire reluit sur les divines lèvres de Lee, un sourire prévisible, en effet, cette question avait déjà été posée auparavant, et Yélos savait quel sentiment pouvait habiter les pensées de Lee, alors qu’il se nourrissait du même sentiment. Un entrainement ? Ce n’était pas un entrainement habituel, ce n’était pas un entrainement du tout. Aucun défi, aucune compétitivité, aucun vainqueur. C’était juste une union, leur manière de se montrer l’un à l’autre, de ne faire qu’un dans ce ballet nuiteux, c’était une fusion, une harmonie, l’harmonie de l’Or et de l’Azur… Le sourire éclairé de joie de sa compagne faisait toujours naître en lui une sensation intense de bien être, son bien être, il le vivait dans celui de Lee, il n’en était pas autrement, sans celui de la jeune femme, il ne pouvait avoir le sien : la joie, c’était eux deux, l’un ne pouvait l’avoir sans l’autre. Le bonheur, ils ne peuvent l’avoir sans le partager, à deux.

Le jeune homme regarda la rebelle aux cheveux de lilas se déchausser avec un œil allègre, puis enlever ses chaussettes, pour enfin immerger ses pieds dans le sable pur, elle semblait y prendre plaisir. Et c’est cela que Yélos appréciait chez Lee, sa simplicité, une personne banale ne se serait jamais souciée d’une telle chose que du sable frais ou d’un instant comme celui-ci. Il l’admirait, pour tout ce qu’elle était, elle était non seulement belle et radieuse, possiblement que ses gènes robotiques y étaient pour quelque chose, Yélos le savait, mais il s’en moquait, elle était merveilleuse aussi bien physiquement qu’intérieurement. C’était une pierre précieuse dont la valeur n’a ni égale ni pareille. Yélos se savait chanceux, lui, un simple lycan de Pyrélia, sans histoire particulière. Stoppant ses pensées, la jeune femme lui lança un bokken que le fils de la Lune récupéra avec aisance, son œil de loup était alerte. Il s’échauffa un peu en faisant tournoyer le bâton entre ses doigts, c’était assez facile pour lui, il avait l’expérience des armes blanches.

La déesse aux yeux d’azur ne prit une posture tendue, mais souple, prête à danser dans ce cas-ci, néanmoins ses yeux restèrent chaleureux et le jeune homme continua à s’y plonger, conservant son allure digne qui lui était naturelle. Lui, comme un loup aux aguets, resta immobile, scrutant son assaillant avec méthode, près à agir et à contrer.

    « Je suis prête à mener la danse, Yélos. » pétilla alors cette phrase et dans la voix et dans les yeux de la pilote de l‘Athéna

Qu’il était agréable d’entendre son prénom, celui qu’on avait toujours eu, et qui aujourd’hui, était officiellement effacé des listes rebelles… Mais l’entendre des lèvres de Lee, quel bonheur… L’évocation de son prénom pouvait être une petite chose, mais elle le faisait exister…

Lee s’élança alors sur le jeune homme, d’ailleurs il n’attendait que cela, et il savait pertinemment qu’il n’aurait pas eu très longtemps à attendre, car il connaissait Lee, et ses ardeurs à la prise d’initiative. Les bokkens se rejoignirent, non pas dans un fracas de lutte, mais un son creux et calme, c’était l’annonce de la danse. La danse débutait… L’union pouvait commencer, l’union, l’harmonie, le bonheur. Leurs ombres dansaient sur le sable blanc illuné par la mère de la nuit, elles étaient rapides, mais inséparable, c’était l’alliance de l’Or et de l’Azur. Un magnifique cerisier, dont la couleur rosée danse avec le vent au printemps, voilà l’union : le bonheur, c’est le fruit, la sève du cerisier qui s’écoule, plein de vigueur, dans leur veine, à présent, ils n’étaient qu’un seul, ils dansaient en harmonie, ils ne formaient plus qu’un.

Etonnemment la jeune femme s’approcha d’une autre manière de Yélos, près de son torse, cela le déstabilisa. Leur regard se réunit un centième de seconde et la main gracile de la Sylphide de Pyrélia repoussa énergiquement sur son buste. L’enfant du Feu fût contraint de reculer dans l’eau fraiche de Poséidon dont la lisière de sa toge antique glissait sur le sable. Yélos comprit que la jeune femme avait bel et bien cette envie, et il se laissa pénétrer sur le territoire des néréides. Son pantalon à présent mouillait, le son des pas des deux jeunes gens était audibles et légers, les gouttes d’eau retombaient sur l’onde en une pluie fine et délicate tandis que les bâtons de bambou les traversaient sans faiblir. Cela dura un moment, avec vigueur, leur transe, leur danse continuaient, mais la fatigue vint, sous-jacente. Un instant donné, le lycan courbé, presque à l’horizontal avec l’eau claire, s’approcha de Lee, remontant son visage le long du corps de celle-ci, jusqu’à rencontrer ses lèvres, qu’il embrassa tendrement. Là, les vagues reprirent leur droit, plus un bruit, les amants s’étaient immobilisés, là, ils se sentaient l’un à l’autre comme jamais depuis ce soir. Bientôt, le manteau du Dieu des mers les recouvrit, sous l’œil opalescent de la Reine des nuits. Sous l’eau, les dieux du jour s’appartenaient sans borne. Seuls sur cette plage immaculée, seuls deux vies se mêlaient à l’instant présent. Que le présent, plus de passé, ni de futur, l’instant présent se vivait au rythme des respirations des vagues…
• • •

Après être passés dans l’Athéna, revêtis des affaires sèches, les enfants de la planète de Feu étaient allongés sur la sable fin et blanc, regardant tour à tour le ciel étoilé au bruit d’écume et le visage brillant animé au rythme de la respiration de son partenaire. Un moment calme comme il s’en faisait si rare…

A présent, le rébellion prendrait un nouveau tournant, un grand tournant. Lee et Yélos avaient commencé un projet de très grande ampleur. Ce matin : Or’Eälis Yélos est déclaré mort. Circonstance du décès : chute dans une cuve d’acide à Stormlight, après avoir cédé à la vaillance de la surveillance impériale. Voilà la version officielle. En fait Yélos s’était volontairement infiltré dans l’usine de fonte à l’acide, et fait découvert de la même manière, et s’est délibérément laissé chuter dans une grande cuve des acides les plus corrosifs qui soient. Alors Yélos est déclaré mort, le corps impossible à récupérer, dissous. Mais grâce à son pourvoir, il s’était forgé une armure étanche matérialisée avant sa chute, et dans l’acide, il l’a étendu à un caisson avec de l’air. Ensuite, sa compagne est venue le délivrer de sa prison d’acide… Les yeux magmatiques du lycan s’amarrèrent à ceux de Lee, puis ses lèvres dit ces quelques mots, après un instant de réflexion :

    « Je n’aurais jamais penser que mourir pouvait procurer autant de calme que maintenant, et autant de perspective d’avenir… » acheva-il « A présent, nous écrivons l‘avenir, ensemble, mon Soleil. »

Le lycan parlait évidemment du projet qui avait débuté, ce projet les liait pour toujours, soit pour la réussite, soit pour leur fin, mais ils étaient unis, à jamais, comme le Soleil et l’Azur dans le ciel d’un monde libéré…

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Dernière édition par Yélos Or'Eälis le 28.04.12 23:55, édité 2 fois
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Lee Eithan
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MessageSujet: Re: « L’Or et l’Azur » [Lee ~ Yélos]   25.05.11 0:29
/!\ Attention : Âmes sensibles s'abstenir.
Ce post n'exprime aucun propos choquant, mais le contenu
de ce texte est explicite. Si vous ne tolérez aucunement toute
relation au corps, passez votre chemin.

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L’euphorie et l’ivresse gagnaient les sens de Lee. C’était précisément ce qu’elle recherchait après tout : une sorte d’exaltation souveraine qui gouvernerait son être, un élan formidable qui la posséderait, l’emmènerait valser encore plus loin, encore plus haut, toujours plus loin, et toujours plus haut… Et celui qui insufflait autant de vie dans son âme et son cœur, celui qui lui injectait autant de feu dans les veines, n’était autre que Yélos, et ne serait sans aucun doute jamais un autre que Yélos. Elle en était absolument convaincue. Chaque regard incandescent qu’ils échangeaient faisait renaître un amour toujours plus intense, et toujours plus profond… Lee, comme Yélos, désirait toujours plus de la vie qu’ils s’offraient l’un à l’autre, toujours plus… Leurs âmes avaient soif d’étoiles, et rêvaient aux libres hauteurs… C’était un lien mystique qui se tissait de jour en jour entre eux : leurs aspirations, songes et fantasmes quant à leur avenir et à leurs projets communs les attachaient toujours plus solidement l’un à l’autre. Leur amour était une sorte de folie qui renaissait toutes les fois où leurs chemins se recroisaient, une folie euphorique et avide qui les habitaient sans borne et qui demandait…toujours plus. Encore, encore, et encore…

La danse de ces deux esprits libres, de ces Dieux brûlants de désirs, de passions et de frénésie, incarnait toute la puissance de leur volonté et de leur fusion. En se rencontrant, en s’aimant si ardemment, ils avaient l’un chez l’autre découvert tout ce qui manquait à leur existence fade d’autrefois : la chaleur d’une vie vivante. Yélos animait celle de Lee, il l’entrainait dans un bouillonnement incroyablement riche et délirant. Il lui offrait une fièvre qui l’exaltait avec une force sans pareille.

Il suffisait que leurs corps s’approchent et s’éloignent dans une valse voluptueuse, qu’ils s’esquivent dans de sensuels frôlements, que leurs bokens de bambous se croisent habilement et s’entrechoquent, pour que Lee fût submergée de vagues de feu. L’eau les portait ça et là avec grâce et douceur et ils s’enfonçaient toujours davantage dans les profondeurs marines. Bientôt, lorsque les flots atteignirent la poitrine de Lee, leurs jambes qui luttaient contre les courants de Poséidon s’affaiblirent et une chaleur étranges en prit possession. Yélos, dont les yeux balayaient la silhouette de la jeune femme de leurs feux rougeoyants, se pencha doucement vers elle, abandonnant son arme aux bras du Vieux de la mer. Lee confia également son bâton au gré des flots et posa ses mains sur les épaules de Yélos avec une étrange douceur, qui se mêlait à une ivre puissance. Ses yeux d’un bleu électrique plongeaient leur aura énigmatique dans ceux du jeune homme dont le visage brûlant s’approchait du sien… Alors, les lèvres de l’être solaire rencontrèrent celles de Lee et s’en accaparèrent avec un emportement passionné. Elle répondit au baiser avec autant de force… Ils se figèrent un instant, les yeux fermés, respirant le souffle de l’autre à grandes inspirations… Et, soudain, Poséidon le Bienheureux, compatissant et protecteur, abattit sur eux l’un de ses voiles marins, pour cacher leur désir croissant à l’œil de marbre de la chaste Séléné…

Yélos et Lee s’emparèrent de leurs corps avec ardeur, enfouis au plus profonds des nébulosités de la Mer Etoilée. Leurs mains s’enlaçaient et se caressaient avec autant de tendresse que de force, et tous deux se débarrassèrent alors du superflu avec une vigueur impossible à brider… Il n’était plus possible à Lee de penser à ses actes, il n’y avait plus que leurs actes qui étaient pensables. Sous le manteau bleu de Poséidon, l’Or et l’Azur fusionnaient. Ondoyant dans les remous bleus et l’écume douce et jaillissante, Lee plongeait ses doigts dans les cheveux céruléens de Yélos, tout en s’imprégnant de sa chaleur, son corps plaqué contre le torse opalin de son amant… Elle perdait la tête, en même temps que le souffle venait à leur manquer, et qu’un nuage d’air se dégageait de ses narines… Ils revinrent à la surface sans se séparer et inspirèrent tous deux une goulée d’oxygène avec une délectation inimaginable... Et Poséidon les remporta en son sein où ils poursuivirent leur voluptueuse et invulnérable étreinte… Lee sentait à la fois les ondulations des flots parcourir son corps et ses cheveux, et le contact bouillonnant de Yélos qui l’entrainait alors dans une danse plus fiévreuse encore… Elle le dévorait du regard, elle le submergeait de baisers, elle n’en finissait pas, et le désir d’avoir toujours plus faisait battre son cœur à un rythme effréné… Yélos lui appartenait, elle le sentait véritablement, elle le sentait, de tout son être, il lui appartenait sans mesure…

Le Dieu aux crins bleus les garda longtemps encore sous ses voiles humides, avant de bercer leurs corps échevelés et fébriles vers le rivage. Yélos et Lee, empourprés, embrasés, demeurèrent encore un moment sur le sable de la plage, couchés dans les vagues qui allaient et venaient sur leurs corps dévoilés à la face étonnée du ciel. Ils enlaçaient leurs jambes, jouaient avec leurs pieds dans le sable imprégné d’eau marine, s’observaient au clair de lune avec une tendresse infinie. Lee contemplait cet homme qui la tenait contre lui, si fort et si près, comme jamais personne ne l’avait fait et ne pourrait le faire. Enivrée, elle s’envolait dans une admiration éperdue et aérienne, admiration du moindre de ses sourires, qui faisaient resplendir son visage et pétiller ses yeux rubis. Les lumières fantasques de la nuit et de la mer jouaient avec les courbes voluptueuses de son corps, dont les ombres se teintaient d’un bleu mystique et envoûtant… Elle posait sa main sur sa joue d’albâtre, avec une délicatesse sans pareille, et la caressait doucement, avant de la glisser sur son cou, et son torse… Il était d’une chaleur extraordinaire. Un véritable soleil, qui, en ce moment-même, incendiait la peau de Lee, et qui, constamment, éclairait la voie de ses actes et de ses pensées. Dans sa contemplation éperdue, elle voyait se découvrir à ses yeux la part secrète de Yélos, la part fragile, celle qui réclamait son contact et qui se blottissait tout contre elle, entre ses bras. Le corps du jeune homme, nu et pressé contre elle, se révélait dans toute son irréductibilité, il était un, tout entier offert à elle, comme le corps de Lee lui-même se faisait don à Yélos. Celui du lycan, gracieux, souple, et puissant, dévoilait la vérité-même du jeune homme aux yeux de Lee, son entière vérité, sans masque ni coloration. Juste l’albâtre de sa peau, les fines courbes de ses muscles, la fragilité d’un homme découvert… A cet instant, Lee se jura encore que même si la route serait longue jusqu’à la réalisation de leurs idéaux, et même lorsque la vie lui ferait peur, elle serait auprès de lui, inébranlable et forte, elle serait son ultime rempart face à n’importe quel doute, n’importe quel ennemi, n’importe quel danger. Tant qu’elle serait debout, présente, vivante, jamais elle ne le laisserait en proie à la solitude, à la terreur et à la violence… Elle était là et le défendrait plus chèrement que sa propre vie. Alors, elle le serra contre elle furieusement, dans un nouvel élan d’amour, comme s’il en naissait un à chaque seconde, à chaque souffle de Yélos contre sa peau... C’était ce qu’elle ressentait, quoiqu’il en soit, fusionnée avec cet Ange aux cheveux céruléens : un renouveau permanent, une résurrection de chaque seconde…

Et au fond, c’était assez pour ces deux guerriers sans repos, que de se retrouver ensemble… C’était assez pour la lionne aux yeux d’azur, en cet instant, que d’entendre et de sentir, frissonnante, le cœur de ce voyageur de la nuit battre au même moment que le sien… Le monde avait cessé de tourner et les choses de se complexifier, ou plutôt, en ces minutes d’enchantement, la Nature leur réservait sa valse gracieuse… Il semblait que tout tournait autour d’eux, l’espace de quelques infimes parcelles de temps… Qu’eux seuls existaient, sous les étoiles dansantes, protégés par le manteau de Poséidon…

Ils demeurèrent là, serrés l’un contre l’autre, jusqu’à ce que la chaleur quitte leurs membres engourdis et qu’ils réalisent à quel point ils étaient frigorifiés. Alors, ils durent se lever. Pris dans les tourbillons de l’ivresse, ils regardèrent autour d’eux en riant doucement. Bokens et vêtements avaient disparus dans les épais voiles de Poséidon, et sur la plage déserte. Puis leurs yeux pétillants se croisèrent, et ils rirent à nouveau, à la fois de joie et d’étonnement. Les mains de Lee se refermèrent alors avec tendresse autour du bras blanc de Yélos, dont elle frictionna la peau douce, et elle se blottit près de lui tandis qu’il caressait ses cheveux avec un sourire comblé.

Ils prirent enfin la décision de rejoindre L’Athéna, qui était posée comme un oiseau sur les pans bleus du manteau marin. Se soutenant l’un et l’autre, frissonnants de par leur nudité, et euphoriques comme deux enfants, ils traversèrent les flots calmes et s’aidèrent mutuellement à monter dans le vaisseau. Ils prirent le temps de se réchauffer, comme si la nuit était éternelle et que chacun de leurs plaisirs pouvait y être soigneusement exaucé. Puis, ils se couvrirent afin de pouvoir ressortir. Tandis que Yélos s’habillait de bleu marine, ce qui lui allait très bien au teint, respectait les tons de sa chevelure, et faisait ressortir le flamboiement de ses yeux, Lee se choisit un débardeur blanc assez près du corps, un second haut sans manche, brun, coupé au-dessous de la poitrine, une jupe-short du même ton, des collants mauves en synthétique, et des bottes à lacets couleur argent.

A nouveau, ils traversèrent les ondes marines pour rejoindre le sable blanc qui étincelait sous les étoiles. Allongés l’un près de l’autre, ayant ôté leurs chaussures trempées, ils s’étaient tus et profitaient de la douceur d’un moment comme celui-ci… Lee observait Yélos davantage qu’elle ne contemplait les alentours. Elle ne connaissait rien d’aussi fort que ce qu’elle vivait à ses côtés… Le feu qui étreignait son cœur était si puissant, à présent, qu’il ne se pouvait pas qu’il s’éteignît, qu’il était improbable de penser même qu’il fût simplement illusoire. Face à Yélos, contre Yélos, tout près de Yélos, elle faisait l’expérience de l’Absolu, d’un sentiment qu’elle n’avait jamais connu, jamais vu auparavant. Il ne s’expliquait pas, il avait surgi en elle-même alors qu’elle n’avait aucun espoir quant à la réalité de l’amour. Elle l’aimait, un point c’était tout. Chercher à comprendre pourquoi aurait été une preuve flagrante de la fausseté d’un tel sentiment. Or la passion qui animait Lee à l’égard de Yélos incarnait l’une des seules choses qu’elle n’avait jamais pensées à remettre en doute, l’une des seules choses qu’elle sacralisait au monde… Analyser et disséquer son amour pour le jeune homme la révulsaient d’une manière tout à fait viscérale…

Il semblait pensif, songeur, ses yeux turbulents se perdaient dans le vague alors qu’il souriait avec un air à la fois serein et euphorique. Lee savait parfaitement de quoi ses pensées retournaient. Elle sourit également et ses yeux clairs étincelèrent d’une joie victorieuse. Mais elle ne dit rien. Elle se contentait de savourer leur réussite commune avec délectation, et à admirer Yélos avec hébétude.

Ce matin, il s’était libéré des rets que l’Empire s’ingéniait à resserrer autour de lui… Ce matin, Yélos Or’Eälis n’était pas vraiment mort. Yélos Or’Eälis avait simplement disparu aux yeux sombres des spectres impériaux, pour réapparaître dans la lumière d’un nouvel espoir. D’un nouveau réseau. De leur réseau… Celui qu’ils avaient tous deux construit, main dans la main, la nuque droite et le regard vif et déterminé. La Walkyriade d’Eôs. Yélos Or’Eälis, désormais invisible pour l’Empire, était à nouveau libre. Une autre vie commençait ce jour-là, un nouveau départ, qu’ils entreprenaient tous les deux. Et leur union ne ferait que leur force, au cours de leur long voyage…
    « — Je n’aurais jamais pensé que mourir pouvait procurer autant de calme que maintenant, et autant de perspectives d’avenir… A présent, nous écrivons l‘avenir, ensemble, mon Soleil. » souffla la voix chaude de Yélos, à la manière d'un zéphyr doux et envoûtant qui fit frémir Lee de plaisir...

Le sourire de la jeune femme s’élargit encore, avec fraîcheur et éclat, dévoilant des fossettes au coin de ses lèvres, fossettes étranges sur un visage parfait, fossettes qui dévoilaient soudain sa jeunesse absurde que l’on oubliait trop souvent lorsque l’on croisait son regard. Elle s’approcha plus encore de Yélos, pour lui embrasser la tempe avec tendresse avant de poser son menton sur l’épaule du lycan, d’approcher ses lèvres carnées au plus près de l’oreille de son Soleil, et d’y glisser quelques mots :
    « — Pour vivre heureux, nous vivrons cachés, mon Ange… Nous sommes à présent des ombres qui sillonnent ensemble tous les chemins qui mènent au soleil, à notre liberté, à notre avenir. Ou, non… Nous sommes à présent une ombre… La tienne confondue à la mienne, quoiqu’il arrive… Rien ni personne ne pourra rompre notre ombre, Yélos, je t’en fais le serment… »

Elle posa alors ses doigts sur les lèvres du jeune homme et les caressa délicatement. Elle le protègerait. Les bras qu’elle refermait sur lui étaient un rempart, son corps également. Les ombres de l’Or et l’Azur, insaisissables mais dansantes et exubérantes, fusionnaient, et valseraient ensemble jusqu’à la nuit des temps. Elles se déploieraient toutes deux vers une aube magique où tout leur serait possible et accessible, y compris une vie à deux, une vie heureuse, sous le soleil de la Liberté.

Une vie à deux. Non, à vrai dire, pas tout à fait. Lee posa son regard céruléen sur son ventre arrondi et eut un sourire étrange, à la fois épanoui et songeur, presque mélancolique. Elle avait entamé son quatrième mois de grossesse et sa silhouette prenait enfin les courbes d'une femme enceinte. D'un certain côté, elle observait l'évolution de son corps avec émerveillement, un peu comme une enfant étonnée du moindre mouvement à ses alentours. Mais d'un autre côté... Ce bébé avait été le fruit de profondes réflexions. Le conflit qui ébranlait les deux galaxies, ce conflit qui accaparait tant Yélos et Lee avait semblé constituer un obstacle infranchissable à la fondation d'une famille, cependant... Lee s'était refusée à penser qu'elle mourrait un jour sans n'avoir jamais rien construit de profondément intime. A quoi bon prôner la vie, la puissance d'exister si l'on n'était rien personnellement ? Et cet enfant, cet enfant à naître, deviendrait le symbole de l'union des rebelles de tout horizon, le symbole de l'harmonie, de la fraternité, et de leur amour... De leur amour à eux, Yélos et Lee. La jeune femme souhaitait l'élever dans les concepts qu'elle avait élaborés avec son amant, loin des préjugés et de la propagande impériale, elle souhaitait le faire grandir dans un cercle, une ronde d'amour à l'infini... A terme, cet enfant aurait tout ce que Lee, elle, n'avait pu avoir : une enfance heureuse et épanouie. Il pourrait marcher tête haute et revendiquer ce droit à vivre dans la paix et dans la raison libre. Il serait fier, il n'aurait à avoir honte de rien, il n'aurait rien à réclamer, à qui que ce soit... Et par dessus tout, il saurait construire un univers tolérant, sur les cendres du monde anéanti d'Orion. Il saurait arrêter les massacres et les guerres, il saurait faire régner la justice et la liberté pour les offrir ensuite au peuple avide des deux galaxies... En réalité, cet enfant, c'était l'Avenir. L'Avenir triomphant et heureux qui grandissait, là, doucement, dans le ventre d'une déesse d'un jour... Dans le ventre d'une mère.

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« Pick a star on the dark horizon and follow the light. »




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Leader de la Walkyriade d'Eôs

Yélos Or'Eälis
Leader de la Walkyriade d'Eôs

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Nationalité: Pyrélien
Race: Lycan

Points RPG: 161
MessageSujet: Re: « L’Or et l’Azur » [Lee ~ Yélos]   22.06.11 21:39
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Qu’il était lénifiant de se sentir libérer d’un poids qui avait surplombé l’âme si longtemps. Une partie du joug du Valet de Métal avait été délesté. Par un acte plus qu’audacieux, l’austère poigne avait cédé, l’emprise sévère avait été rompu… Libéré de ses chaines, Yélos gouttait enfin à la liberté qui lui aurait été naturel de toucher du doigt dès sa naissance. A présent, le moindre de ses gestes lui paraissait nettement plus léger, nettement plus fort…Le lycan possédait la retraite qu’il lui fallait pour mener sa lutte. Avec sa nouvelle équipe et son récent réseau, il présentait que la bataille rebelle avait encore gagné en sens, c’était ensemble, main dans la main, qu’avançait la lutte. Elle avait fait un immense pas en avant. Un pas qui avait débordé de la cime d’Adonis pour se répandre davantage sur la Voie Lactée…

Maintenant loin de tout harcèlement, il détenait une paix intérieure suffisante pour animer sa passion pleinement. La passion de Vie… Libérer la vie autour de lui… Et le jeune homme ne pouvait mieux dire, la Vie, sa Vie, il l’enlaçait en ce moment même dans ses bras. Ce rayon stellaire exaltait sa poitrine, échauffait ses gestes, enflammait son être. C’était la passion qui donnait vie à la sienne, qui lui insufflait du sens : l’amour, l’affection, la tendresse, le soin. En somme c’était un transport qui ne cessait de pousser l’Être de la Nuit vers la lumière et la bienveillance. Un reflux continuel battait en son sang, et ne quémandait rien qu’autre que la présence de Lee, son être, sa voie, ses gestes, ses expressions et son faciès. Tout en elle évoquait le Sublime, un Être auprès duquel on porte une admiration sans limite ni frontière, mais qui pourtant éveille une sensation de satisfaction de noblesse en soi. Mais ce sentiment de Sublime était élevé à son summum, à la manière d’un torrent qui s’enfoncerait vers les cieux, vers les étoiles, vers les libres hauteurs… Il ne touchait l’infinité que par une lien indéfectible… Ce lien : la réciprocité. La solidarité de ce lien formait un tout commun, il formait Un. Le sentiment de don extrême de soi, et de divins bienfaits prodigués par sa moitié.

Jade, pierre précieuse et inviolable
Eclat d’un jour et éclat d’une Vie.

Tiens bien enfermé en ton cœur la Passion :
‘
Amour qui, tel un torrent,
Inonde et nourrit à jamais les
Mêmes êtres, les deux moitiés,
Et qui pourtant ne sont qu’Un.

Libres, tout deux, pour l’infini,
Et sans limites, ils se sentent
Exister et Vivre…

Les Êtres de Vie étaient allongés sur le sable. Juste eux deux, et leur solitude commune n’aurait su faire davantage plaisir à Yélos que ce soir. Se retrouver tous deux, pour lui, était synonyme de bonheur, de merveilles… Et il était de même pour la jeune femme, c’était si agréablement visible sur son fin et beau sourire, un éclat qui resplendissait dans la nuit… Elle vint lui embrasser la tempe, c’est là que le sourire se partagea jusqu’aux lèvres de Yélos; un ineffable partage… Puis elle logea son menton au creux l’épaule du jeune homme, comme s’y installant de bien être, et ses lèvres soufflèrent quelques mots à la saveur mellifluente :

    « — Pour vivre heureux, nous vivrons cachés, mon Ange… Nous sommes à présent des ombres qui sillonnent ensemble tous les chemins qui mènent au soleil, à notre liberté, à notre avenir. Ou, non… Nous sommes à présent une ombre… La tienne confondue à la mienne, quoiqu’il arrive… Rien ni personne ne pourra rompre notre ombre, Yélos, je t’en fais le serment… »


Leur ombre, leur unité, eux. Et à deux, il traçait leur chemin, en commun, en un amalgame de leur volonté, de leurs êtres : aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. Pourtant Lee et Yélos se regardaient, et longuement, en une immense admiration, et leur pensée, leur unique pensée, était bel et bien dirigée vers l’avenir, porteuse de sens…

L’amante aux cheveux d’églantine caressa de ses doigts graciles, les lèvres du lycan; un toucher électrisant, le visage était une zone tellement sensible, c’était si étrange de sentir des doigts gracieux les parcourir. Lee était tant, représentait tellement pour le jeune homme… A chaque fois qu’il la quittait, il n’avait qu’une hâte, c’était de la revoir et de la serrer dans ses bras… C’était à présent cette union, cette force qui donnait vie à Yélos. S’il y avait bien quelque chose à part, dans sa vie, entre ses idéaux, cette lutte de la Rébellion, c’était bel et bien Mademoiselle Lee Eithan… Et davantage maintenant, c’était eux… Eux ? Presque. Ce n’était plus une vie à deux dont Yélos et Lee avaient décidé, mutuellement. C’était par un désir de fonder quelque chose de profondément intime. Cesse à la guerre, à la lutte, pour pouvoir construire un monde nouveau, n’aurait-il pas fallu se sentir construit un tant soit peu soi-même ? Depuis bien longtemps à présent, le jeune homme s’était consacré à Lee, son Soleil, en même temps que la Rébellion. Aujourd’hui il souhaitait quelque chose de plus profond encore. Bien qu’il trouvât en la Walkyriade quasiment une vraie famille, une complicité certaine, des liens inébranlables. Il désirait un lien impérissable avec Lee, Lee seule, la seule personne qui réunissait toutes ses préoccupations, ses idées, ses pensées. Yélos souhaitait un lien fort, et bien contre la situation belliqueuse de la société. C’était devenu impensable, même pour un grand nombre de rebelles, considérant leur engagement comme un rempart infranchissable. D’ailleurs, on n’en parlait pas, absolument pas entre rebelles. Le lycan savait qu’il pouvait franchir cette crainte, il le savait. Pour franchir ce rempart, il y avait deux étapes, l’une avait été longuement discutée avec Lee; l’arrivée d’Annaëlle. L’autre; c’est seul qu’il y avait réfléchi longuement, sans ne jamais dire mot à qui que ce soit, et à commencer par sa charmante compagne. Par ailleurs, c’était l’une de ses inquiétudes, que pouvait penser Lee à ce sujet ? N’y pensait-elle pas ? Ou le souhaitait-elle, mais sans jamais n’en avoir parler ? Quoiqu’il en soit Yélos, il le saurait ce soir…

Le déesse d’églantine était toujours appuyé sur Yélos, et celui-ci l’embrassa tendrement et passionnément, en relevant de façon à ce qu’elle ne repose plus sur lui, mais qu’il soit quasiment sur elle. Il était quasiment sûr qu’elle ne remarquerait pas la manœuvre. Lee était inébranlable dans bien des situations, mais d’une manière assez amusée, il savait que la jeune femme pouvait perdre facilement son flegme naturel en un tel instant. Yélos continua à l’embrasser, en la serrant contre lui, en se relevant, il l’embrassait en la tenant dans ses bras… Elle ne touchait plus terre. Un baiser intense, à en laisser clos les yeux, comme pour se délecter de ce moment…

Silent, Yélos fit apparaître un disque matérialisé sous ses pieds, et ils commencèrent à s’envoler… L’Enfant d’Or se dirigea vers la mer étoilée, sans que Lee ne s’en aperçoive. A présent ils étaient déjà au dessus d’une immensité bleutée et blanchie par le halo salutaire de la Reine Séléné. Les pans infinis de la robe enneigé rayonnaient sur l’onde céruléenne. Là, sur ce disque de quelques mètres de diamètre seulement, on pouvait vraiment admirer mer et ciel, les étendues céruléennes des eaux et des cieux… Alors le lycan cessa son langoureux baiser, en retira lentement ses lèvres… Et d’un pas compassé, il s’agenouilla en admirant pleinement les yeux azur de sa compagne. Un myriade d’étoiles vint entourer le couple, formant une spirale céleste et aurifère, qui, doucement dans le tourbillonnement, se réunit au centre de la main de Yélos. Y apparût une bague au teint sablonneux, scintillante, dont chaque détail avait été créé dans l’esprit du jeune homme après beaucoup de travail; il s’était entrainé à en créer une qui serait unique. L’anneau était double, très rapprochés, sur un montant se trouvaient trois petites pierres diaphanes et arénacées, et en fines inscriptions, étaient gravés trois prénoms : Lee - Annaëlle - Yélos. Il déclara d'une voix douce, et des plus suaves qu'il n'ait pu, pris lui même par l'émotion :

    « — Lee, bien que notre ombre ne sera jamais divisée; veux-tu m’épouser, et pour toujours devenir ma femme ? »


•••••••




Spoiler:
 





Dernière édition par Yélos Or'Eälis le 28.04.12 23:54, édité 1 fois
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Vogel Frei - L'âme libre, l'oiseau hors-la-loi.

Lee Eithan
Vogel Frei - L'âme libre, l'oiseau hors-la-loi.

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Nationalité: Pyrélia
Race: Humaine aux gènes robotisés

Points RPG: 147
MessageSujet: Re: « L’Or et l’Azur » [Lee ~ Yélos]   03.09.11 1:21
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Ah ! L’Empire aurait donné cher pour assister au spectacle que Lee offrait à la Lune et à ses suivantes étincelantes. Qu’auraient sacrifié Orion et ses sbires pour connaître cet aspect-là de la rebelle aux cheveux d’églantine ? Qu’auraient-ils sacrifié pour embrasser d’un seul regard tous les points faibles de la Walkyrie, qu’auraient-ils sacrifié pour trouver le moyen de la manipuler à leur guise ? Car c’était en ce moment même, au-delà de toute considération politique, dans un monde d’éther et de lumière, loin des cloaques de sang et de sueur, que Lee dévoilait sa nature de femme. Et si en tant que telle, elle se démarquait par sa force, elle demeurait très encline aux faiblesses émotives. S’il y avait bien un être au monde qu’elle n’aurait pas supporté voir dans la souffrance et la terreur, il s’agissait bien de Yélos. Bientôt, Annaëlle se glisserait dans le cercle intime des deux amants. Les faiblesses de Lee se verraient accrues, mais peu importait. Elle les dissimulerait, elle les protègerait, l’un et l’autre, Yélos et Annaëlle, envers et contre tous. Au-delà de son combat moral subsistait sa famille et malgré toute la noblesse dont elle pourrait faire preuve, elle restait humaine et rien au monde n’était plus important à ses yeux que son amant et sa fille. Rien. Et ce serait sans scrupule qu’elle tuerait pour défendre leur vie.

L’amour était une force bien obscure, tout de même, souvent et malheureusement sous-estimée. Pourtant, un être animé par ce sentiment titanesque trouvait tout à coup en lui le pouvoir d’accomplir les plus choses les plus belles, comme les plus mauvaises. Lee avait parfaitement conscience de ce paradoxe. Elle savait que, mues par l’amour, ses mains étaient tout aussi capables de façonner un monde juste et serein, que de lacérer un être hostile. C’était une passion aussi transcendante que terrifiante. Lee aurait bien entendu préféré ne conserver que le premier aspect de l’amour, et n’avoir jamais à entendre parler du second, mais elle vivait dans un monde déchiré où nier cette puissance dévastatrice était impossible. Elle était capable de tout, par amour. De tout.

Mais elle ne voulait réaliser que ses rêves. Les horreurs, les meurtres et les larmes, elle en était saturée. Elle ne souhaitait vivre qu’amour et bonheur. Malheureusement, cela ne lui était pas encore permis. Pas encore. Yélos et elle étaient si profondément engoncés dans ce conflit insensé qu’il n’y avait désormais plus aucun moyen de l’abandonner. Il fallait simplement ne pas perdre espoir et avancer. Un jour viendrait où tout serait plus simple, où ils trouveraient enfin la sortie de leur tunnel et où ils pourraient vivre en paix. Yélos et Lee n’avaient certes pas la prétention d’apporter la quiétude aux deux galaxies entières, mais plutôt celle de mettre un terme à un conflit stérile entre l’Empire intraitable et la Rébellion grandissante. A bien y réfléchir, aucun parti n’était foncièrement mauvais. En revanche, la situation l’était et il fallait y mettre un terme. Or, l’Empire persistant dans ses positions et ne désirant rien entendre des revendications extérieures, ils devaient le mettre en pièces. Lorsque ce serait fait, tout irait pour le mieux.

Toutefois, pourquoi se soucier de l’avenir, alors que le présent immédiat avait tout de la perfection ? Lee contempla Yélos une fois encore, appuyée contre lui, les yeux plongés dans les siens… Elle aimait tellement le regard de cet homme… Il détenait à la fois une telle douceur et une telle énergie qu’elle y voyait aussi bien le pourpre éclatant d’un soleil couchant que les laves jaillissantes d’un volcan. Il souriait paisiblement et son visage d’albâtre avait quelque chose d’angélique, alors emprunt des traits de la joie. Il approcha ses lèvres de celle de Lee qui ferma ses yeux pour les accueillir. Lorsque leurs visages furent mêlés, Yélos poursuivit son étreinte en la maintenant au-dessous de lui… La jeune femme, les yeux fermés, se laissa immerger par la chaleur du baiser, puis par celle du corps de son amant, avant de perdre toute conscience de l’espace et du temps. Les mains dans la nuque et les cheveux de Yélos, elle ne pensait plus qu’à lui, elle n’appartenait qu’à lui. L’intensité du moment fut écourtée par le jeune homme qui se sépara de Lee de quelques pas, un sourire espiègle aux lèvres. Avant même que la Walkyrie n’eût vraiment visualisé ce petit air malin, elle réalisa qu’ils n’étaient plus sur la plage dorénavant, mais, oh stupeur, entre ciel et mer. Elle en resta interdite, le temps de contempler les merveilles des Divinités naturelles. Les étoiles du ciel s’engouffraient dans les profondeurs marines et resplendissaient autour de Lee comme dans un ballet féérique. Tout semblait irréel du haut du disque aurifère que Yélos avait fait apparaître, ciel et mer devenait un monde unique et fantastique, un monde jamais vu où tous deux respiraient la légèreté…

De son pas gracieux, Yélos s’était éloigné, alors que Lee observait les alentours, les yeux écarquillés et brillants. Elle se retourna enfin vers le jeune homme qui s’était agenouillé devant elle avec sa noblesse habituelle. Et soudain, le regard de la jeune femme fut attiré par des feux follets dorés jaillissant du néant, comme des étoiles décrochées du ciel et de la mer, qui fusèrent autour de Yélos. Celui-ci, malgré sa position de recueillement, semblait plus puissant que jamais. Ses fééries de lumière se joignirent au centre de ses mains de magicien et dans un tourbillonnement de toute beauté, apparut entre ses doigts un bijou d’ambre et d’or. Lee en demeura stupéfaite. Comme si elle pouvait s’attendre à ce genre de retournement de situation. Elle contempla Yélos dont les yeux brillaient d’excitation. Il parla alors, lentement, doucement, soignant l’énonciation de chacun de ses mots qui, portés par le vent, furent comme des caresses sur le corps de Lee…
    « — Lee, bien que notre ombre ne sera jamais divisée; veux-tu m’épouser, et pour toujours devenir ma femme ? »

Son cœur battait à la chamade, des rougeurs lui montaient aux joues tandis que ses yeux s’embuaient à mesure qu’elle réalisait l’ampleur de la situation… Cela faisait deux ans qu’elle connaissait Yélos, qu’elle l’aimait de tout son être et qu’elle suivait chacun de ses pas… Et cette nuit, au milieu des étoiles, sous le manteau protecteur de Nyx et les yeux maternels de Séléné, son ange aux yeux de braise lui demandait de l’épouser. A dire la vérité, Lee n’avait jamais réellement pensé au mariage. Comment y penser d’ailleurs ? Qui les marierait ? Pourquoi ? Elle se sentait bel et bien unie à Yélos, depuis le premier jour, et elle ne pensait pas qu’il fut possible de l’être davantage ! Mais à présent que le jeune homme y faisait allusion, à présent qu’il le demandait, avec tant de tact et de douceur, que répondre d’autre qu’un « oui » ? Mais elle resta là, stupéfaite, empourprée, enivrée de cette situation magique.

Elle s’accorda quelques secondes de réflexion… Tout tournoyait en son esprit, toutes ses pensées s’entrelaçaient et s’évaporaient, elle ressentait comme une profonde déstabilisation. Un néant étrange s’était fait dans sa tête et de temps à autre résonnaient des idées et se répercutaient des images…

La jeune femme se précipita soudain sur son amant, et s’agenouilla face à lui pour le prendre dans ses bras. Elle ferma les yeux. Sentit son souffle chaud dans sa nuque, son cœur battre contre sa joue, cette poitrine tiède et palpitante… Elle le serra contre elle, de toute sa force, et ils demeurèrent là, tous deux, un certain temps, enlacés l’un contre l’autre… Et au bout de quelques minutes, Lee parvint à murmurer d’une voix basse et presque tremblante, parfaitement consciente que ses mots susciteraient de la crainte chez Yélos :
    « — Parfois je me demande si nous ne vivons pas trop vite, Yélos. Notre rencontre si furtive, nos aventures si nombreuses, nos réseaux, notre enfant, un mariage… Nous avons peur d’être emportés subitement par le néant de la mort, aussi goûtons-nous immédiatement à toutes les expériences de nos mondes comme à des fruits gorgés de soleil que nous aurions peur de voir pourrir. Nous les goûtons et les engouffrons si vite que je crains de vieillir, à présent. Il y a des jours où il me semble que j’aie passé mille ans à contempler les étoiles et à fomenter l’avenir. »

Tous deux rompirent leur étreinte au même moment, pour s’observer droit dans les yeux, avec un sérieux étrange, comme si cette décision de mariage marquait pour eux un changement radical. Concrètement, cette altération n’était rien. Yélos et Lee continueraient de vivre avec la même passion, la même fusion, et leur amour ne ferait que s’accroître chaque jour, renaître chaque seconde… Mais, en leur esprit, le changement représentait bien plus qu’un simple virement de statut. En se plongeant dans les iris rougeoyants de Yélos, Lee ne pouvait que constater à quel point ce mariage était une entreprise sérieuse. Le mariage était une affaire d’adultes. Lee et Yélos s’aimaient tous deux comme des enfants, comme s’ils avaient quinze ans, sans chercher à comprendre autre chose que leur bonheur. Ils s’aimaient simplement, sans contrainte, sans barrière, ils s’aimaient librement, comme dans un rêve. Se marier revenait à plonger dans un monde adulte, de responsabilités et de principes. C’était sérieux.
    « — Mais c’est vrai que nous devons grandir. Il est vrai qu’il est temps pour nous de nous considérer comme un couple sérieux et inébranlable. Nous serions un couple d’adultes, qui s’aimeraient comme des enfants… Je t’aime, tu sais, infiniment… Et je veux être ta femme, Yélos. Comme je te l’ai dit il y a deux ans, et comme je le répéterai inlassablement chaque jour de mon existence, je veux vivre avec toi. Jusqu’à la fin, jusqu’au bout de l’éternité… »

Et elle s’approcha à son tour de ses lèvres pour les sceller d’un baiser déterminé, plein de fougue et d’assurance. Et ce fut ainsi que Yélos et Lee prirent à nouveau leur envol. C’était ensemble, en mêlant l’or et l’azur à jamais, qu’ils vivraient pleinement le présent, et qu’ils esquisseraient le plus beau des avenirs…

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« Pick a star on the dark horizon and follow the light. »


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« L’Or et l’Azur » [Lee ~ Yélos]

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