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 Entre deux flocons de neige...

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L'archéologue

Alistar Oneiros
L'archéologue

Points RPG: 80
MessageSujet: Entre deux flocons de neige...   25.12.10 3:17
"De la neige, encore de la neige... Mais bon sang quand est-ce que ça va finir !!
- C'est vrai que ça fait une semaine maintenant... Des chutes de neiges incessantes... Et à tous les coups elle est artificielle en plus !
- Arrêtez de vous plaindre les gars... c'est joli la neige : on a plus froid que d'habitude, mais quand même, c'est sympa...
- Y a que toi pour penser ça mon vieux... "


    Ces quelques mendiants, qui réchauffaient tant bien que mal leur misérables vies par la lumière frémissante d'un feu de joie, disaient juste. Une tempête de neige soufflait inlassablement sur Onyx depuis une semaine, épaississant encore et encore le voile nacré qui enveloppait tours et avenues de la cité métalienne. Elle s'était métamorphosée depuis le début de la semaine. Vivant habituellement dans la sinistre harmonie de l'ombre des gratte-ciels et des lumières artificielles, Onyx s'était dotée, du moins pour quelques temps, des parures d'or et de lumière des fêtes de fin d'année.
    L'atmosphère de la cité était alors tout autre. Partout, les vitrines des plus grands magasins du monde rivalisaient en splendeur : automates divers, boules et guirlandes de lumière pure (une invention étrange qui rend la lumière palpable et sculptable), d'éphémères spectacles pyrotechniques et sculptures de glaces... La mécanique du désir et des envies fonctionnaient à plein régime ici-bas, et ses rouages étaient bien huilés. Partout dans les rues des odeurs de pains d'épices, de vin chaud et de chocolat fondu ensorcelaient les narines malmenées par le froid, les invitant à moult réconforts gustatifs.

    Seul parmi la foule colorée, un homme en long manteau sombre, le visage voilé par une écharpe noire, marchait d’un pas tranquille, profitant du spectacle festif qui s’offrait à lui en cette nuit d’hiver. Sur son épaule droite se terrait un petit animal aux poils longs, complétement recouvert de neige : mais il était apparemment tellement fasciné par ce qui l’entourait que cela n’avait guère d’importance à ses yeux.
    Slaider et Fen étaient à Onyx depuis deux semaines. En "mission d'information". Objectif : rôder en ville en rencontrant les indics de la Walkyriade pour récolter un maximum d'informations sur les activités et les plans de la milice onyxienne, qui aimait particulièrement faire des heures supplémentaires en matières de rafles et de répression en ces périodes de fêtes. Histoire de souhaiter un joyeux Noël à la Rébellion...
    Il parcourait donc les rues, allant de bar en boîtes, de boîtes en troquet, de troquet en maisons de passe... La routine des "moissonneurs" en somme.

    Ce soir là cependant, il n’avait rien de prévu. Ils allaient donc enfin pouvoir profiter pleinement des fameuses soirées onyxiennes, célèbres à travers les deux mondes pour leur … originalité dirons-nous.
    En effet, Alistar n’avait pas vraiment eu le temps pour le moment de profiter de la cité. Toujours en train de négocier tant bien que mal avec des types pourris jusqu’à la moelle et parfois plutôt hostiles – ses illusions lui avaient d’ailleurs sauvé la mise à deux reprises. Toujours en train d’observer les bas-fonds de l’humanité. Cette soirée était pour lui et seulement pour lui, il allait se détendre à fond.

    Il était 20H.
    Fen insista pour aller voir un film d’animation pour enfants au plus grand cinéma de la ville - même s’il ne comprenait rien aux paroles, le fennec était fondu de cinéma, et comprenait, au plus grand étonnement de son maître, la quasi-totalité des histoires rien que par les images…. Alistar accepta avec une once d’appréhension, qui fut néanmoins vite balayée : voir les films en immersion totale dans l’histoire, avec un tel réalisme et une telle qualité dans les sensations, c’était formidable.

    Ils ressortirent donc assez satisfaits. Il était 22H.

    Alistar s'arrêta, hésitant sur la suite à donner à cette soirée.


" Qu’est-ce qu’on fait patron?
- M'appelles pas patron quand je ne travaille pas Fen. Et pour répondre à ta question, je pense que je vais aller me trouver un bar.
- Si ça te fais plaisir.
- Ou une boîte. Il y en a une en bas de l'appart.

Ca, il n’aurait pas du le dire.

- J'peux venir diiis ???
- Non mais Fen je t'ai déjà dit que les boîtes c'est pas fait pour les fennecs !
- Allez ..."

    Alistar se retourna vers l'animal qui marchait à côté de lui en prenant cet air battu, qui, naturellement, le rendait trop mignon. Alistar habitué, ne céda pas à son familier sournois et le ramena à l'immeuble dans lequel ils logeaient.

    ***


    Après s'être habillé pour la soirée, Alistar descendit à la boîte en question. Son habit était assez simple : bottes de cuirs sombres montants jusqu'aux genoux, dans lesquelles rentraient un pantalon blanc un peu terni par l'âge, le tout surmonté par une chemise blanche moulante qui mettait sa carrure plutôt développée en valeur. Enfin, on voyait par le col ouvert de sa chemise son collier aux deux serpents. Par de minuscules illusions, il arrangea tout ça pour le rendre... plus clinquant, histoire de ne pas être ennuyé par les videurs à l'entrée. D'un revers de main il dota ses bottes de parures d'argent, sa chemise et son pantalon devinrent du blanc le plus pur et des fils du même métal surgirent de nulle part pour venir s'entrelacer dans son dos pour reproduire le symbole qui trônait sur son torse. Ses cheveux en bataille tombaient nonchalamment sur son front et un peu sur son oeil, et il était rasé court. Il était fin prêt.

    Il se mit directement dans la file à son arrivée. Celle-ci s'étendait hors de la bâtisse, sous de longs parapets d'aciers mis en place pour protéger les danseurs de la neige. Il observa autour de lui.

    Juste devant, une espèce de gamine plutôt mignonne, mais qui selon l'archéologue n'avait rien à faire dans une boîte vu son jeune âge. Néanmoins, elle continua à avancer, et, à la plus grande surprise d'Oneiros, lorsqu'elle arriva face au videur - un grand type baraque, mi-lycan mi-robot apparemment -, celui-ce lui céda l'entrée sans broncher. Pire : il l'accueillit chaleureusement par un "Aaah ! Mademoiselle Va'arda, quel honneur !" détonnant et par de multiples courbettes, un peu gauches d'ailleurs. Alistar ne put s'empêcher de lâcher un petit rire en voyant le gorille et ses pirouettes maladroites face à la jeune fille. Le nom de Va'arda disait bien quelque chose à Alistar, mais il n'évoquait en aucun cas en lui une famille méritant une telle attention.
    Mais alors qu'il s'était avancé, toujours souriant, pour présenter ses papiers (falsifiés, bien entendu) au videur, la gamine se détourna soudainement et plongea son regard dans le sien : un regard de glace qui le transperça comme la pointe d'une flèche. Un regard aussi froid que celui que lui avait jeté Athéna lors de leur première rencontre sur Aéros, aussi fier et dur. Il ne put retenir un frisson à ce souvenir, ainsi qu'un sourire face à la témérité de la gamine : peut-être que si elle grandissait un peu elle atteindrait le niveau de la Walkyrie, mais pour l'instant, elle ne lui arrivait probablement pas à la cheville selon lui...

    Elle se désintéressa néanmoins de lui aussi vite qu'elle l'avait remarqué et rentra sans plus de formalités. Le regard avait un peu déstabilisé Slaider. Il vérifia discrètement l'état de ses illusions : tout était en règle. Aussi profond qu'ai pu être son regard, la gamine n'avait pu percer ses illusions.

    Rassuré, il tendit ses papiers au vigile qui commencer à s'impatienter. Il entra sans plus de problème.

    ***


    A l'intérieur, décor classique d'une boîte de 5013 : lumière pure multicolore, plancher qui s'illumine sous la pression des pieds des danseurs, néons noirs... Il y avait même une sorte de zone de danse sur coussin d'air, mais Alistar ne s'y risqua pas. La musique était assez variée, passant des sons lourds de la dance aux rythmes plus chauds du reggaetton. En gros, rien de particulier. Sans plus attendre, il rejoignit la piste.

    ***


    Alistar scruta rapidement la salle, sérieusement bondée, à la recherche d'une jolie fille avec qui danser - ce qui semblait abonder ici. C'est alors qu'il revit la gamine.
    Un peu plus loin dans la foule, elle était à moitié cachée du fait de sa petite taille. Pourtant, il ne pu s'empêcher de la distinguer à travers la masse, sans savoir pourquoi. Rapidement cependant, elle y sombra à nouveau.

    Intrigué (et aussi un peu assoifé), il se dirigea vers le bar pour essayer de comprendre qui elle était auprès d'un serveur.


" Une gamine dans la boîte? Nan mec sans déconner Sergio, le lycan là, il paraît c'est le videur le plus efficace de la maison. Il distingue immédiatement l'âge des gens, c'est son pouvoir, tu vois? Alors à mon avis, y a pas de gamine ici. D'ailleurs j'suis là depuis une semaine, et j'en ai pas vu une seule, donc... A moins que... Nan ???
- Y aurait une faille ?
- Rho le con !
- Pardon? Qui ? Sergio ?
- Non non, t... Hmm... Ouais enfin bref, je suis sûr que ta gamine là, c'est une chimérienne ! Et mec si c'est le cas, t'es un peu à la ramasse. Parce que pour confondre une chimérienne avec une gosse..."

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il l'était : l'idée ne lui avait d'ailleurs pas même effleuré l'esprit. La gamine était une chimérienne, qui du coup était probablement majeure, et avait de ce fait tout à fait le droit de rentrer dans boîte. Ca se tenait. Sauf que les chimériennes ont des ailes, et elle n'en avait pas. [/list]

" Et bien elle les a perdu mon vieux. J'en sais rien moi après, j'suis pas chimérien. Et au fait, ça serait pas la fille à ta droite là ?"

    La fille aux yeux de saphir était bel et bien assise au bar, à quelques tabourets de là, jouant doucement avec un verre vide. Elle n'avait pas l'air emballée par là soirée, ou en tout cas, quelque chose semblait la tracasser.


"C'est vrai qu'elle est jeune.",enchaîna le barman. "Je ne l'avais jamais vu ici avant.
- Au bout d'une semaine, tu ne comptais quand même pas avoir vu tout Onyx

    Lançant cette dernière phrase et un petit pourboire, sans attendre de réponse, il se dirigea vers elle. Il avait dansé avec de plus belles et de plus attirantes pour lui durant la soirée, ça ne faisait aucun doute. Mais cette chimérienne l'intriguait, et il voulait comprendre qui était miss Va'arda.
    La réflexion était pour lui l'ennemi de l'action quand il s'agissait d'aborder quelqu'un. C'est donc sans réfléchir qu'il lui parla.

" Je peux m'assoir? Quitte à être seuls, autant l'être à deux.", dit-il en souriant. Puis, voyant son verre vide, il enchaîna : "Vous voulez quelque chose?"

    Sa technique était nulle : de toute manière, en relationnel, Alistar était nul.
    Alors qu'elle détournait lentement son visage, il se contenta de l'observer. Pas de doute là-dessus : même pour une chimérienne, ses traits étaient si fins et doux qu'elle ne pouvait être tout à fait adulte. Ses yeux étaient étrangement plus doux que lors de son arrivée, d'un bleu plus paisible. Au fond, cette fille n'avait peut-être rien d'extraordinaire.
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Fanatique de l'Ordre

Lilith Va'arda
Fanatique de l'Ordre

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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   05.01.11 10:47
Se détendre… L’idée était arrivée comme un cheveu sur la soupe. Et décidément, l’idée n’avait pas été la sienne, mais celle d’Harmony, l’une des deux androïdes affectées à son service depuis qu’elle avait achevé sa formation de membre de l’Elite Pourpre. En fait, lorsque l’humanoïde au regard rubis lui avait sorti une telle chose, la Seraphim n’avait pu s’empêcher de la regarder avec des yeux ronds. D’abord, c’était une idée d’humain, pas de robot. Et ensuite, pourquoi irait-elle donc perdre son temps précieux à faire quelque chose de totalement non constructif alors qu’il y avait tant à faire depuis la bataille de Mars, l’affaire de la Lune et d’Edaphos, sans compter le remplacement des hommes qu’elle avait perdu massivement dernièrement sur la planète rouge. Evidemment, quand on est quarante dans une unité, les pertes deviennent vite massives… Donc, avec toutes ces affaires en tête, le Lieutenant Va’arda n’avait absolument pas l’intention de ‘se détendre’ comme l’avait si bien suggéré Harmony. D’accord, c’était Noël, c’était la fête mais… pas pour elle. D’autant plus que les fêtes présentaient une occasion rêvée pour attraper les rebelles, qui, parfois, manquaient de vigilance en cette période. Eux faisaient la fête, buvaient parfois un peu trop, commettaient des erreurs qu’elle ne commettrait pas. D’autant plus que elle ne connaissait pas vraiment de lieu où aller se détendre sans qu’on ne l’accueille à coups de courbettes et politesses affreusement lourdes. Avec tous ces arguments en béton armé, la jeune chimérienne ne s’était vraiment pas attendue à se retrouver dans une situation de… ‘détente’. Sauf qu’apparemment, ce soir-là, Harmony était programmée pour n’avoir qu’une seule idée en tête – Erys aussi d’ailleurs, vu que la seconde androïde avait joint ses forces avec la première pour embêter leur supérieur – et qu’elle ne lâcha pas une seconde la pauvre militaire avec son idée, qui, après avoir failli péter un câble, s’était résignée à suivre le conseil de ses androïdes. Pour optimiser ses capacités dans les jours à venir, avaient-elle déclaré.

    « L’état psychologique des membres de l’unité, y compris du lieutenant, est aussi importante que l’état physique. »


Pan, dans tes dents, dégage en ville, va faire autre chose que travailler. Voilà en gros ce que cela voulait dire, et comment ça s’était fini. Et vu comme ça, il n’est pas bien difficile d’imaginer que la jeune chimérienne était à moitié exaspérée à moitié blasée devant sa garde robe lorsque était venu le moment fatidique de se préparer à se détendre. Gnarf, elle ne se ferait jamais à cette idée. Enfin, ne se referait, puisque en réalité, ce n’était pas sa première sortie en boîte de sa vie. Et c’était d’ailleurs pour cette seule et unique raison qu’elle possédait déjà de quoi s’habiller pour la soirée, au beau milieu de ses tenues militaires toutes conçues dans un désir pratique, et non esthétique. Avec un soupir, elle avait donc prit le cintre et commencé à se déshabiller, alors que Erys lui indiquait l’emplacement d’une boîte convenable dans Onyx, où elle pourrait passer la soirée à se détendre. L’idée devait vraiment leur tenir à cœur – même si ce n’était techniquement pas vraiment possible… Peut-être étaient-ce les données des années passées en compagnie de quatre jeunes adolescents jovials qui influençaient le comportement des deux androïdes ? Quoi qu’il en soit, le résultat était le même, et Lilith n’était pas sûre d’en être heureuse.

■ ■ ■


Bottes en cuir noir, collant noir, jupe noire lui arrivant au niveau des genoux, haut noir à manches courtes vaguement décolleté… Ouais, bon, d’accord, c’était franchement pas joyeux comme ensemble, mais la chimérienne affectionnait le noir, même si cela n’était pas une facette de son caractère connue. Ceci dit, la personne qui lui avait choisi l’ensemble avait connaissance de cette préférence, et avait fait de manière à ce que les vêtements donnent un air habillé à la Seraphim, pas un air gothique. Lilith avait toutefois égayé le tout avec un pendentif en or orné d’une petite pierre de grenat, ainsi qu’avec des boucle d’oreilles conçues de la même manière. La pierre semi précieuse serait d’ailleurs pour cette soirée le seul signe pourpre que le lieutenant arborerait, comme le lui imposaient les règles de l’Elite. Autant dire que ce n’était pas flagrant. Elle avait ramené en arrière les quelques cheveux assez longs pour l’être et les avait attaché à l’aide d’une barrette elle aussi dorée et ornée d’un éclat de grenat. Il était d’ailleurs extrêmement rare qu’elle s’attache les cheveux ainsi – parce que ça l’embêtait plus qu’autre chose de le faire, attacher des cheveux courts étant une bataille de longue haleine – et peut-être que cela diminuerait la probabilité que tout le monde ne lui saute dessus en lui criant ‘lieutenant Va’arda, quel honneur !’

La jeune femme acheva ses préparatifs en appliquant précautionneusement sur ses iris deux lentilles de contact transparentes, nullement correctrices, mais qui lui permettraient de recevoir des informations virtuelles si besoin était. Et après une brève hésitation, elle glissa dans son oreille droite une nano oreillette permettant les communications orales. Prendre du repos ne signifiait pas non plus qu’elle devait se laisser aller… Ces dispositifs étaient primordiaux en cas d’urgence, et elle devait se préparer à tout… même pour ce soir. Ceci fait, elle jeta un œil à travers la vitre de son appartement et constata sans surprise que des flocons de neige artificielle tombaient sur la capitale. Elle enfila donc un manteau – noir – adapté au reste de sa tenue avant de quitter sa demeure, prête à ‘se détendre’…

■ ■ ■


Et évidemment, tout ne se passe jamais comme on le souhaite. Dans son for intérieur, la jeune chimérienne eut une très très très grande envie d’étrangler le videur de la boîte, qui fit voler ses espoirs de discrétion pour le début de la soirée en éclats. Lilith se retint toutefois d’envoyer le videur six pieds sous terre et reprit sèchement ses papiers de la main de l’employé la boîte lorsqu’il les lui tendit avec une révérence maladroite. Dans d’autres circonstances, cela en aurait presque amusé la chimérienne, mais pour le moment… elle n’était pas vraiment d’humeur. Et le petit rire qu’elle entendit de la part du client de derrière ne fit qu’ajouter à son irritation, si bien qu’elle ne retint pas de lui jeter un regard aussi froid que l’océan glacial arctique avant de rentrer dans l’établissement. Elle n’avait même pas prit la peine de détailler le type en question. Fort heureusement, personne n’aborda de nouveau la chimérienne comme l’avait fait le videur, lui laissant croire que, finalement, le reste de la soirée serait moins pire que prévu. Et elle espéra, au passage, que ceux qui avaient assisté à la scène seraient assez intelligents pour comprendre que la chimérienne n’avait franchement pas envie de passer sa soirée en tant que célébrité.

Une fois à l’intérieur de la boîte, Lilith constata que les choses n’étaient pas vraiment différentes de con souvenir de ses quelques sorties en boîte qui lui avaient été plus ou moins autorisées au cours de sa formation militaire. Piste de danse, musique entraînante, masse de gens se marchant plus ou moins dessus selon la chanson qui passait, l’incontournable bar dans les moments de sécheresse… Lilith s’approcha, légèrement hésitante, de la piste de danse. C’est à ce moment-là qu’un type visiblement éméché lui tapa dans le dos en lui lançant ‘allez, en piste !’ tout en rigolant, avant de s’éloigner vers un autre individu lambda. Elle hésita entre l’exaspération ou l’amusement. La seconde l’emporta, et c’est avec un soupir et un sourire que la chimérienne s’avança sur la piste de danse, et débuta la soirée…

■ ■ ■


Danser, elle savait faire. Myste le lui avait si bien appris que cela était revenu tout seul lorsque la chimérienne avait rejoint le piste de danse. Elle avait d’abord dansé seule, puis avec quelques partenaires inconnus, pas forcément beaux comme des dieux, mais elle s’en fichait. Etrangement, danser lui faisait du bien, comme lui avait si bien dit Harmony, et qui lui avait déballé les milles et uns arguments pour aller en boîte. Toutefois, la lassitude vint chercher la Seraphim lorsque la musique prit un rythme plus lent, un air plus calme. Gnarf, un slow. Quand on est seul, c’est moyen. Et elle n’avait pas vraiment la foi de chercher un partenaire pour cette musique, contrairement à d’autres. Elle rejoignit donc le bar, se posant pour la première fois de la soirée, et demandant qu’on lui serve un verre d’alcool peu fort. Alors que le barman allait préparer la commande de la chimérienne, celle-ci fut bien vite rattrapée sans le vouloir par tous les ennuis qu’elle avait brièvement délaissés au cours de cette soirée. Pour une raison inconnue, ses pensées s’étaient tournées vers les membres de son unité, puis, inévitablement, vers ceux qui avaient perdu la vie dans les opérations martiennes. En fait, la raison n’était pas si inconnue que cela vu que sa première pensée s’était tournée vers Myste qui lui avait si bien appris à danser, mais bon… De fil en aguille, la voilà qui était de nouveau en train de se soucier de son travail, alors qu’elle ne pouvait rien y faire là où elle se trouvait. Elle adressa un vague ‘merci’ à celui qui lui servit son verre d’alcool, puis, attendant qu’il ait le dos tourné, le but d’une traite. Puis, replongeant dans ses sombres pensées, elle commença à jouer machinalement avec son verre vide.

Mais elle fut rapidement tirée de ses pensées par la voix d’un homme, qui s’était approché d’elle, qu’elle n’avait pas du tout entendu/vu. Surprise, elle détailla l’homme d’un regard beaucoup moins agressif que lors de son entrée en boîte. Cet homme lui disait quelque chose – ayant posé au moins une fois son regard sur lui plus tôt dans la soirée – mais elle ne savait pas vraiment pourquoi. A vrai dire, elle n’avait pas vraiment prit la peine de le détailler la première fois qu’elle l’avait vu, donc… c’était normal. Surtout après une partie de la soirée passée à danser avec tout et n’importe quoi. L’homme était donc un homme – sans blague – somme toute ordinaire, aux cheveux châtain clair et au regard noisette, vêtu d’un ensemble blanc élégamment décoré. Et c’est à ce moment précis que le verre de la jeune femme s’échappa de ses doigts fins, allant dangereusement se balader vers le bord du comptoir, pour finalement tenter le saut de l’ange. La jeune femme laissa échapper un ‘oups’ et rattrapa de justesse le verre avant qu’il ne heurte le sol.

    « Hem » fit la Seraphim en reposant le verre sur le comptoir. « Allez-y, faîtes-vous plaisir, asseyez-vous. Et je vais refuser votre proposition, pour le moment, ça vaut mieux. »


Ouais, d’accord, ce n’était pas à cause de l’alcool qu’elle avait failli casser son verre, mais ce n’était pas la peine d’en rajouter.

    « Une raison particulière à venir partager votre solitude avec la mienne ? » poursuivit-elle avec un sourire espiègle.


Dans la famille subtile, je voudrais la fille. Mais bon, en même temps, la jeune femme était là pour s’amuser. Et étrangement, ce genre de propos directs la détendait.



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L'archéologue

Alistar Oneiros
L'archéologue

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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   09.01.11 3:01
« Une raison particulière à venir partager votre solitude avec la mienne ? »

Le sourire espiègle de la jeune femme trouva son écho dans celui d'Alistar.

"La raison?", répondit-il tout en s'asseyant.

Se faisant, il ne put qu'apprécier la finesse et l'élégance dans la tenue de la dénommée "Lilith", dans laquelle le rouge d'un fin grenat et des cheveux de la fille, ainsi que la clarté de sa peau rompait avec harmonie le noir prédominant.
Cependant, la question l'énervait un tant soit peu : Alistar n'était pas vraiment doué pour dire les bonnes choses au bon moment, et il avait toujours peur de se planter. Alors comme d'habitude, il arrêta de réfléchir.

"Hé bien c’est peut-être que vous êtes la seule personne dans cette pièce qui ait attisé ma curiosité depuis le début de la soirée. D’ailleurs, après vous avoir croisé dans la file, je me demandais si j’arriverai à vous retrouver pour vous parler un instant. Ca vous conviendrait comme raison ?" dit-il en souriant, sans aucune conviction bien entendu.

Comme le barman passait par là, Alistar se tira momentanément du mauvais pas en commandant un nouveau martini. Puis il reprit, en détournant le regard un peu afin de parler plus facilement.

"En fait, je vous trouve surtout intrigante, c'est idiot n'est-ce pas? Depuis que je vous vois, aussi bien quand le videur vous a accueilli qu’en vous voyant seule assise au bar, vous m'intriguez, bien que je ne sache pas pourquoi. Alors... hmm quel est votre nom déjà?"

Il le connaissait déjà, mais la jeune chimérienne aurait pu trouver cela étrange.

"Lilith. »

Il répéta le nom, comme pour ne pas l'oublier.

"Alors vois-tu Lilith, la seule raison est que j’ai envie de te parler et de savoir qui tu es, et pourquoi pas ensuite de danser, si tu veux. Enfin je ne suis pas très bon danseur. »


Sur ce point là, il mentait : il savait danser depuis tout petit et adorait ça.

A ce moment, il se retourna vers la fille qui souriait en le regardant : il ne savait pas interpréter ce sourire, qui pouvait tant être du à sa balourdise qu’à la teneur de ses propos. Alors il se contenta de sourire à son tour.

Son micro-bip de la Walkyriade vibra à ce moment là, juste en dessous de sa montre, et le tout aussi micro-écouteur placé dans son oreille interne lui communiqua l’identité de l’appelant : Horem, son indic principal et guide dans Onyx. Il ne devait pas l’appeler ce soir, c’était ce qu’ils avaient convenu. Alors il ne décrocha pas.

De toute manière, il était beaucoup plus intéressé par la réponse de Lilith que par les activités d’Horem à cet instant précis. C'était une erreur, bien entendu, mais il allait s'en rendre compte trop tard.
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Fanatique de l'Ordre

Lilith Va'arda
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Race: Chimérienne

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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   11.01.11 21:19
Curiosité ? Tiens donc. Pourtant, à en juger la manière dont le jeune homme s’adressait à la chimérienne, il n’avait pas l’air de savoir à qui il avait affaire. Et tant mieux, parce que Lilith ne voulait pas avoir un membre du fan club de l’Elite Pourpre collé à ses basques pendant toute la soirée. Et quand bien même l’inconnu aux cheveux blonds l’avait croisée dans la file, il ne semblait pas avoir été présent lors de la scène avec le videur dont la jeune femme se serait bien passée. Ouf, tant mieux, elle pouvait virer de son esprit la préoccupation number one, si bien nommée ‘incognito’. Et elle ne put d’ailleurs s’empêcher de ressentir un léger amusement en réalisant que la curiosité de son interlocuteur était portée sur la personne de Lilith en elle-même, et non pas son rôle de lieutenant, comme on la considérait toujours. Aux yeux d’une bonne partie des gens fréquentant la boîte, elle devait sûrement passer pour une gamine un peu insolite qui avait réussi à passer par on ne savait quel tour de passe passe entre les filets du videur, et, pour les un peu plus futés, pour une chimérienne ayant eu un quelconque malheur avec ses ailes. Quoi qu’il en soit, les chimériennes avaient en principe nettement moins de succès que les vampires de la gente féminine, mais… peut-être n’était-ce pas sur ces critères que la curiosité du jeune blond avait été attirée. Par quoi d’autre, elle se demandait bien, mais se garda de lui poser la question. Tout savoir tout de suite, et surtout se comporter comme un agent de police alors que l’on n’est pas en service – pour une fois - ce n’était pas marrant. Autant égayer cette soirée grâce à cet inconnu, qui avait involontairement chassé les sombres pensées de la jeune Va’arda. Qui d’ailleurs ne put s’empêcher de sourire en voyant le sourire peu convaincu que l’homme avait esquissé pour accompagner ses propos. Dans le genre pas très adroit. Pas grave, ils seraient deux… pour cette fois. Oui, rien que pour ce soir, elle avait décidé de laisser tomber un peu de sa froide politesse qu’elle adoptait lors de ses rares excursions en ville qui n’étaient pas liées à l’Elite Pourpre, ou qui y étaient liées de manière dissimulée.

Sa résolution se trouva légèrement ébranlée lorsque son interlocuteur évoqua son entrée peu discrète dans la boîte, lui révélant par la même occasion qu’il savait que la chimérienne n’était pas une citoyenne de l’Empire d’Orion tout à fait ordinaire… Mais bizarrement, il n’agissait pas comme si ce détail était le plus important de l’histoire. Non, il avait presque l’attitude banale de l’homme qui s’intéresse à une fille lambda lors d’une sortie en boîte – sans qu’elle ne provoque forcément en lui une poussée d’hormones, hein. Et de ce fait, la chimérienne se décida à ne pas envoyer balader directement le jeune homme, alors qu’il lui demandait son nom :

    « Lilith » répondit-elle d’un ton neutre.


Peut-être ce ton trahirait-il quelque chose de sa pensée, mais il était trop tard. Elle se contenta donc d’observer la réaction de son interlocuteur, qui la surprit assez agréablement, si bien que le sourire qui s’était évanoui quelque instant sur son visage réapparut. Danser ? Il était vrai que c’était la préoccupation principale de la soirée… Et elle l’avait oublié. Il faisait bien de lui rappeler. Pourquoi pas après tout ? Elle avait bien dansé avec d’autres au cours de la soirée – avant d’aller broyer du noir – alors pourquoi pas celui-là ? Le regard sombre de son interlocuteur se posa sur elle, attendant probablement la réponse à l’invitation. Elle ne décela rien d’autre dans ce regard que ce que lui avait affirmé son possesseur. Pour le moment, même si son réflexe de base était d’adopter un niveau minimum de méfiance, elle n’avait aucune raison de se montrer paranoïaque envers lui. Après tout, elle ne faisait que suivre les conseils d’Harmony…

    « Et bien, ça restera Lilith pour ce soir » fit-elle avec un sourire malicieux. « Lilith, tout simplement. Mais j’aimerais bien connaître ton nom à toi aussi, ne serait-ce que pour que tu n’hérites pas du nom de ‘Machin’. Quoique si ça te plaît, je peux t’appeler comme ça… »


Et, accompagnant la parole par le geste, elle se leva et tendit la main au jeune homme blond, lui faisant savoir qu’elle acceptait l’invitation. Il s’était permit d’être familier avec elle, elle lui rendait la pareille… Non pas qu’elle soit rancunière sur ce détail. Mais le passage du vouvoiement au tutoiement l’avait quelque peu surprise. Cela devait faire des années qu’on ne l’avait pas tutoyé sinon pour lui adresser quelques insultes rebelles… Non pas que cela ne lui fasse l’effet prince charmant/princesse. C’était juste que… c’était bizarre. Pas désagréable mais bizarre. Enfin, elle comptait bien s’amuser de ce détail plus qu’autre chose.

■ ■ ■


Spoiler:
 [ HRP : Et oui, ça m'arrive de faire court... xP ]



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L'archéologue

Alistar Oneiros
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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   14.01.11 0:03
Le rebelle regarda la jeune fille tendre sa main fine en sa direction, acceptant par ce geste la partie "dansante"de sa proposition. Une élégante manière de le faire, soit dit en passant. Alors tant pis si elle ne lui disait rien de plus sur elle, c'était trop bien refusé pour insister. Il aurait de toute manière toute la soirée pour cela. Et puis, tout savoir tout de suite, ça n'est pas aussi intéressant, n'est-ce pas ?
Poursuivant le jeu de la jeune fille, il descendit de son trône et saisit sa main avec délicatesse, puis effectua une sorte de révérence suivit d'un baise main tout à fait anachronique, mais bien exécutés, contrairement aux courbettes du videur... Se redressant, le regard de glace de la chimérienne recroisa l'ombre du sien.

" Oui on évitera Machin si tu veux bien, je sais pas pourquoi mais j'ai un blocage avec ce nom là... Je m'appelle Alistar."

A ce moment, une petite sphère de lumière pure rouge, voletant bien loin de ses compagnes, se déposa sur leurs mains unies. C'était une image vue et revue, presque devenue cliché, mais elle restait jolie et amusante. Il resta une seconde à regarder la scène, puis mit sa main droite par-dessus. Il appuya lentement, un petit éclair rouge se produisit et des arabesques rouges et noires apparurent sur leurs mains, puis filèrent à toute vitesse le long de leurs habits pour disparaître aussi vite. L'effet avait été magnifique sur le sombre habit de Lilith.

"Vraiment sympa ce truc. Bon, on est parti?"

Lilith acquiesça et se leva. Il s'amusa rapidement de la différence de taille, mais n'en fit rien paraître. Les deux se dirigèrent vers la piste, puis se glissèrent dans la masse.

Un peu d'électro pour commencer tranquillement : histoire de faire quelques pas de chauffes.

***

Arthur Horem - appels manqués : 5 - appels en cours : 1. Voulez-vous répondre à l'appel ?"

Cinq appels en moins d'une heure, de la part de quelqu'un qui ne doit pas vous appeler, ça peut être un peu inquiétant. Aux yeux d'Alistar, c'était néanmoins surtout gênant : danser en ayant le poignet qui vibre est une chose assez ennuyeuse. Lilith et lui continuaient néanmoins à danser, changeant parfois de partenaire, mais se retrouvant assez rapidement en général.
Alistar était d'ailleurs agréablement surpris de voir sa partenaire se débrouiller parfaitement sur toutes les danses qui pouvaient passer : de la Z-Oul (musique électrique expérimentale à base d'appareils un peu spéciaux du même nom, que je ne perdrais pas de temps à décrire ici) au vieux rock, en passant par des sons plus chauds du zouk ou du reggae, elle semblait s'adapter à chaque fois. Il n'avait pas prit son pied en dansant de la sorte depuis longtemps. Et si elle était plus petit de quelques dizaines de centimètres, étrangement, ça ne gâchait pas vraiment leurs échanges. De la lumière pure jaillissait en bataille des souffleries sur les murs de la salle, et leur vêtements s'animaient de milles petites arabesques lumineuses à leur approches.

Ils arrivèrent à un moment dans un cercle d'une quinzaine de personnes, qui se relayaient pour danser au centre, seuls ou par couples. Lillith fut "invité" par une sorte de vampire à danser dans le coeur, et comme c'était assez mal vu de refuser, elle fut embarqué quelques instants. Puis se fut au tour d'Alistar, qui tomba lui sur une humaine tout ce qu'il y a de plus banal, et qui dansait assez lamentablement. Il revint donc aussi prestement qu'il était partit.

Il hésitait à inviter Lillith dans le coeur. Peut-être qu'elle n'aimait pas trop l'idée. Il se retourna vers elle pour le lui demander.

" Tu veux..."

Lloyd Val'Ankor - appel manqués : 0 - appels en cours : 1. Voulez-vous répondre à l'appel?

Merde. Val'Ankor, le dirigeant du réseau d'indics d'Onyx, l'un des Walkyr les plus puissants de la ville en personne venait l'appeler à plus de 1 heure du matin. Pour qu'un tel type se donne la peine de l'appeler, il fallait qu'il y ait vraiment un problème.
Sans s'en rendre compte il n'avait pas achevé sa phrase, et c'est Lilith qui le tira de sa torpeur.

Spoiler:
  T'inquiètes donc pas, par rapport aux miens c'est plus que correct Very Happy et en plus, c'est bien écrit et agréable à lire... Je te laisse un peu la main sur la suite des événements! Et hésite pas à faire parler Alistar si tu as besoin...
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Lilith Va'arda
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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   23.01.11 20:53
A peine avait-elle tendu la main que Lilith s’était sentie stupide. Pour quoi se prenait-elle ? Une princesse invitant son conjoint à danser pour le bal ? Mais avant même qu’elle n’ôte confusément sa main, son interlocuteur accepta son invitation, et alla même jusqu’à jouer le jeu en baisant la main de la jeune chimérienne, qui ne put s’empêcher de hausser les sourcils, surprise – heureusement qu’il faisait sombre, cela passait inaperçu. Par rapport à la maladresse dont avait fait preuve le videur de la boîte… C’était complètement différent. Et à vrai dire, pour tout avouer, le jeune homme blond faisait un bien meilleur prince charmant que l’autre gorille. Même si cela faisait longtemps qu’elle était immunisée aux princes charmants et aux coups de foudre. Les regards des deux jeunes gens se croisèrent. Apprécier et aimer étaient deux choses très différentes. Elle appréciait la compagnue de cet homme, mais il était quasiment certain qu’elle ne le reverrait plus après cette soirée – et c’était souhaitable, sinon cela signifiait que son interlocuteur faisait partie des individus à qui elle avait affaire en temps que Seraphim, et il s’agissait en général de rebelles. De nouveau, un petit sourire amusé éclaira le visage de la chimérienne, qui appréciait la légèreté avec laquelle son interlocuteur – Alistar – prenait ses propos. Les gens susceptibles et coincés, c’était pour l’armée, pas pour les relations sociales. Lilith s’apprêta à lui répondre une truc bateau dans le genre ‘enchantée, allons danser’, mais elle se ravisa lorsqu’une sphère de lumière rouge vint éclairer leurs deux mains unies. Elle leva les yeux vers Alistar, ne sachant pas vraiment comment réagir au petit tour malicieux que leur jouait la sphère – elle n’était pas sortie pour mettre fin son célibat … - et constata que celui-ci observait leurs deux mains éclairées par la lumière rougeâtre. Et quelque part dans son esprit, elle se mit à espérer que le jeune homme ne prendrait pas la chose trop au sérieux.

Il ne fit pas de commentaire, mais appuya lentement sur la sphère, qui émit un petit éclair rouge avant que ne filent des arabesques colorées sur les vêtements des deux jeunes gens pendant quelques instants, avant de disparaître.

‘Joli’ se surprit-elle à penser.

Cette pensée ne fut toutefois pas exprimée oralement, la chimérienne se contentant d’acquiescer d’un signe de tête aux propos d’Alistar avant de se lever et de rejoindre la piste de danse en sa compagnie, ses sombres inquiétudes de nouveau chassées loin de son esprit.

■ ■ ■


Elle s’était de nouveau laissée entraîner par la musique, laissant son corps reproduire les mouvements appris par Myste, et allant même parfois jusqu’à improviser, sans toutefois tomber dans l’exagération. De nouveau, elle s’amusait. Et avoir Alistar à ses côtés ne faisait que rendre la soirée encore plus agréable, notamment parce qu’il était un partenaire qui savait danser, contrairement à une certaine partie de la population masculine qui venait en boîte sans vraiment savoir danser – en fait, cela concernait aussi une partie de la population féminine, mais bon. Surprenant, mais pas désagréable. D’ailleurs, on pouvait utiliser ces mêmes termes pour les musiques qui s’enchaînaient les unes après les autres, forçant les danseurs à s’adapter, à changer de rythme, sans pause au cours des transitions. Musiques surprenantes selon Lilith, mais peut-être que cette impression était due à son manque d’habitude. Oui, le Lieutenant de l’Elite Pourpre n’écoutait pas souvent de la musique, et encore moins du genre musique dansante. A vrai dire, son univers sonore se constituait majoritairement de silence – un silence d’observation – et de cacophonie de voix et des coups de feu – sur les champs de bataille ou lors des opérations.

Alors qu’une myriade d’arabesques lumineuses disparaissaient des corps dansants des deux partenaires, il se trouvèrent intégrés dans un cercle de danseurs, d’une quinzaine de personnes, comme cela se faisait souvent en boîte. Deux elfes s’avancèrent au milieu du cercle, dansant pendant quelques instants au centre, avant de réintégrer le cercle, sans cesser de danser. Suivant les deux silhouettes elfiques, le regard saphir de la jeune chimérienne croisa involontairement celui d’un vampire à la chevelure d’ébène, vêtu d’un ensemble noir à tendance légèrement gothique. Et, sans vraiment le vouloir, Lilith se retrouva l’instant suivant invitée par le vampire en question, alors qu’elle ne souhaitait pas vraiment se trouver au centre de l’attention – depuis l’accueil du videur, c’était l’une de ses préoccupations principales. Cependant, elle ne refusa pas l’invitation, et rejoignit le centre du cercle plus par politesse que par envie. Et une nouvelle fois, elle fut surprise de ne pas se sentir gênée au milieu de tous les regards. Le vampire dont il était question dansait plutôt bien, mais le sourire qu’il arborait n’était pas des plus agréables du point de vue de Lilith. Du genre ‘toi, t’es mignonne, j’ai bien envie de te sucer le sang à la fin de la soirée’. Quelques instants plus tard, Lilith regagna le cercle, alors qu’Alistar et une jeune humaine prenaient la relève au centre, pour y rester brièvement, avant qu’un autre duo ne les remplace. Revenu près d’elle, Alistar tenta visiblement de lui poser une question, mais fut interrompu par quelque chose. ‘Quelque chose’ inconnue de Lilith. Et qui, pour une raison inconnue, faisait poindre l’inquiétdue dans le cœur de la jeune femme.

    « Un problème ? » demanda-t-elle. « Tu… »


Elle non plus n’acheva pas sa phrase. Dans le coin supérieur droit de sa vision s’était affiché un message en lettre digitales, d’un vert fluorescent. Ah oui. Les lentilles. Elle avait été tellement entraînée dans la danse qu’elle avait complètement oublié qu’elle portait ce genre d’équipement, et donc que tout message de ce genre pouvait arriver à n’importe quel moment. En temps normal, elle n’aurait rien laissé transparaître et achevé sa phrase mais pas dans le cas présent. Cela faisait si longtemps qu’elle ne s’était pas amusée à ce point. D’un clignement des yeux, elle agrandit le message, qui se mit en page sous la forme d’un carré, toujours dans la partie droite de sa vision, et elle le déchiffra rapidement. Un message de la part d’un Seraphim. Qui avait trouvé une très bonne piste concernant une partie des indics rebelles à Onyx. La jeune femme retint un soupir. Dommage, la soirée serait écourtée.

    « Une dernière danse ? » fit-elle à Alistar en désignant le centre du cercle.


■ ■ ■


Spoiler:
 [ HRP : Nah, j’aime pas jouer les personnages des autres >< Surtout que je sais absolument pas comment va réagir Alister =p Et puis scrogneugneu, tes posts ils sont bons >< ]


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Alistar Oneiros
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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   27.01.11 23:26
Spoiler:
 J'ai fait dans le court moi aussi... Je préfère te laisser manoeuvrer un peu ! ^^ Arrivé au passage du zouk, je te propose ça : . Je suis pas grand connaisseur, donc j'espère que tu m'en voudras pas ... Very Happy


Lilith l'avait sortit de ses rêveries pour plonger dans les siennes, et Alistar la regardait, un peu surpris. Pourquoi n'avait-elle pas achevé sa phrase? Elle semblait elle aussi avoir reçu un message, ou un appel. Peut-être quelqu'un de son boulot. Compte tenu de l'expression qu'elle arborait, ce n'était pas quelque chose qui l'emballait en tout cas.
C'était amusant d'ailleurs, qu'ils reçoivent tous deux un message au même moment. Sombre coïncidence. L'idée que Lilith soit liée par quelque façon au problème qui avait amené son patron à l'appeler lui traversa l'esprit. Mais si cela l'inquiéta un instant, il se rendit vite compte à quel point une telle situation était impensable. Et puis, il ne l'avait jamais vu chez les Walkyries, ni chez les différents indics. La probabilité était donc presque nulle. A moins qu'elle ne soit impériale. Encore plus absurde aux yeux du jeune homme : il ne voyait pas ce qu'une fille comme elle aurait bien pu faire dans un tel organisme.

De toute manière, il dut arrêter de tergiverser.

" Une dernière danse ? "


Alistar cessa de la fixer pour suivre ce que sa main désignait : le centre du cercle. Comme il venait d'y penser, il se mit à sourire : que voulez-vous, les grands esprits se rencontrent... Il glissa sa main gauche dans le creux de la main baissée de Lilith.

" Toi aussi, le devoir t'appelles ? "

Il se contenta de sourire et ne s'attendit pas à une réponse quelconque, puisque Lilith n'avait pas vraiment eu envie de parler d'elle en début de soirée. Il l'emmena dans le coeur.

Alors qu'ils entrèrent, la musique, une sorte de dance assez lourde, diminua peu à peu, puis s'arrêta. Le DJ brailla quelque chose, puis une nouvelle mélodie se fit entendre peu à peu. Une musique légère. Un son chaud et dansant.

Un zouk.

Pour leur dernière danse, ils héritaient d'une des plus amusantes, et surtout des plus agréables. Ca n'avait pas l'air de gêner Lilith en plus. Parfait. La main droite d'Alistar glissa dans le dos de Lilith, l'autre tenant toujours sa main droite. Leurs corps se rapprochèrent, et bientôt de se plaquèrent doucement l'un contre l'autre. Son visage à quelques centimètres de celui de Lilith, Alistar entendait le souffle tranquille de la jeune fille. Le parfum de la jeune fille, léger et fruitée, paru plus délicieux que jamais à Alistar. La proximité de ses lèvres fines fit naître en lui le désir de les embrasser. Il se retint, ce n'était pas le moment adéquat.

Ils se mirent à danser.

Alistar fit un pas en avant, puis en arrière, imité par Lilith, et continua doucement. Leurs mouvements étaient un peu approximatifs : le jeune homme ne maitrisait vraiment cette danse. Mais pourtant, cela lui était très agréable, et, bientôt, les pas furent de plus en plus chaloupés, de plus en plus en sensuels, comme le voulait la musique. Sa main gauche quitta la droite de Lilith pour descendre jusqu'à son cou, se rapprochant ainsi encore plus. Puis il entreprit de diversifier ses mouvements, lâchant parfois les mains de sa cavalière pour placer les siennes sur ses hanches, ou encore mélangeant quelques passes de rock classiques en la faisant un peu "tournoyer", puis en la récupérant, torse contre dos, en "backside".

Alistar commençait vraiment à apprécier cette fille. Son élégance, sa beauté, sa finesse lui étaient particulièrement agréables, bien sûr, mais il sentait qu'au delà de ça, la jeune fille était forte, moralement tant qu'intellectuellement parlant, bien qu'elle fut parfois un peu maladroite - ce qu'il était d'ailleurs lui aussi. C'était du moins ce qu'il avait cru lire dans son regard. Et comme il commençait à l'apprécier, le jeune homme se rendit compte qu'il ne souhaitait pas se séparer d'elle si vite. Il se mit donc à songer à lui proposer un resto le lendemain, ou n'importe quoi. Quelque chose. Il voulait la revoir.

La danse continuait, et il ne se lassait pas de leur duo. Il ne s'était pas amusé ainsi en dansant depuis un bon bout de temps. Et pourtant, à la fin de cette musique, ils devraient y aller. Et les affaires reprendraient.
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Lilith Va'arda
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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   29.01.11 22:55
    « Toi aussi, le devoir t’appelle ? »


La jeune femme au regard bleuté ne répondit que par un sourire, légèrement différent des autres qu’elle avait esquissés tout le long de la soirée. Celui-ci laissait transparaître une pointe de regret, mais elle ignorait si Alistar s’en était aperçu au milieu des jeux d’ombres et de lumières de la boîte de nuit. Sans vraiment avoir de réponse à sa question – subsidiaire – elle se laissa entraîner par le cercle par la main douce de son cavalier. Il avait mentionné du travail de son côté, à lui aussi. Quel genre de métier pouvait-il exercer pour qu’à cette heure-ci il soit amené à interrompre ses activités pour des raisons professionnelles ? Peut-être un militaire ? Si le Seraphim avait alerté l’Armée régulière, c’était une possibilité… Mais toutes ces réflexions s’évanouirent de l’esprit de Lilith lorsqu’une nouvelle piste fut lancée par le DJ de la boîte, qui prononça un nom totalement inconnu de la chimérienne, qui avait de toutefois une culture musicale très peu élargie, mais qui connaissait toutefois le genre, sans pour autant y exceller.

Les corps des deux jeunes gens se rapprochèrent lentement, et attendirent quelques secondes le moment propice à démarrer leur danse. La jeune femme sentait le souffle de son partenaire sur ses cheveux, le jeune humain ayant au moins une dizaine de centimètres de plus qu’elle. Un souffle doux, chaleureux, et loin d’être désagréable. Elle leva son regard saphir vers son cavalier, mais le détourna rapidement. Que ressentait-elle ? De la sympathie ? Pourtant, celui faisait des années qu’elle n’avait pas éprouvé une telle affection pour un être qui n’appartienne pas à son unité, seules les vies de ses hommes ayant réellement importé jusqu’à présent. Abel, Setsuna, et tous les autres… Elle tenait à eux, quand bien même elle se montrait parfois sévère envers eux. Ils étaient une partie de sa vie, ils étaient quasiment les seuls à bénéficier de la sympathie de Lilith. Il était étrange de voir à quel point cet étranger dont elle ne savait que le nom s’était frayé un chemin jusqu’à son cœur. Qu’elle avait certes décidé de laisser s’exprimer ce soir avant même de rencontrer Alistar, mais… Une nouvelle fois, ses pensées s’effacèrent, son esprit, ainsi que son corps, se laissèrent aller dans la danse. Peu importait si celle-ci était approximative puisque ni l’un ni l’autre ne la maîtrisait vraiment. L’esprit y était, et une fois de plus, la jeune chimérienne eut l’occasion d’apprécier l’initiative dont faisait preuve son cavalier. Leurs mains se quittaient parfois pour mieux se rejoindre, leurs pas prenaient de plus en plus d’assurance, la musique les entraînait…

Depuis quand ne s’était-elle pas amusée ainsi ? Elle connaissait déjà la réponse : depuis que Myste, Nolaan et Eirween avaient quitté ce monde pour rejoindre le suivant. Depuis qu’elle s’était retrouvé ‘seule’ au sein d’une Elite qui était devenue sa vie. Une Elite, une vie qui ne lui donnait pas l’occasion de s’amuser ainsi. Trois ans auparavant, elle avait été consciente du choix qu’elle avait fait, celui de se consacrer à l’Ordre pour ses convictions, et de ses conséquences. Quand bien même elle avait accepté de vivre une vie quasiment dénuée de joie, cette soirée en compagnie d’un agréable inconnu lui faisait le plus grand bien. Elle aurait à remercier Harmony, qui portait bien son surnom pour cette fois. Alors que les corps des deux jeunes gens se rapprochaient une nouvelle fois après une manœuvre effectuée toute en souplesse, un nouveau message apparut dans un coin de la vision de la chimérienne, qui le laissa délibérément de côté pendant une vingtaine de secondes. Le temps de laisser la chanson s’achever, en même temps que leur danse. Et que cette soirée. Elle planta son regard saphir dans celui marron de son cavalier.

    « Merci. Pour cette soirée. »


Lentement, elle s’écarta à reculons pour rejoindre le reste du cercle. Puis, une fois qu’elle l’eut rejoint, elle fit brutalement volte-face et se fraya précipitamment un chemin parmi les danseurs, qui la laissèrent facilement passer, tous ayant plus ou moins interrompu leur danse à la fin de la chanson. Elle était restée trop longtemps. Théoriquement, elle aurait dû sortir de la boîte dès qu’elle avait reçu le message, mais avait décidé de laisser se poursuivre le plaisir. Quelque part, elle le regrettait. Quel genre d’exemple montrait-elle en agissant ainsi ? Mais d’un autre côté… Elle n’osa pas achever sa pensée, et choisit plutôt d’ouvrir le message qui lui était parvenu pendant sa dernière danse. Ses sourcils se froncèrent imperceptiblement, alors que la porte automatisée de la boîte s’ouvrait devant elle sans un bruit. Le videur tourna la tête vers elle, et elle le foudroya du regard, avant de se précipiter dans la rue, et de s’éloigner à grands pas de la boîte de nuit. Elle n’avait pas le temps d’aller se changer, elle devrait s’adapter à sa tenue de soirée pour agir, ainsi qu’à la veste qu’elle avait récupérée avant de sortir de l’établissement. Lorsqu’elle fut suffisamment éloignée de celui-ci, elle ôta la barrette qui retenait ses cheveux en arrière, la rangea dans une de ses poches tandis qu’elle passait machinalement son autre main dans ses cheveux. Puis elle plongea sa main droite dans sa botte et en sortit un petit étui d’une dizaine de centimètre, gris métallisé, orné d’un bouton noir sur lequel elle appuya. Dans un faisceau de lumière bleutée, la structure moléculaire de ses deux épées jumelles se recomposa dans son autre main, qui se referma sur les deux manches avec détermination. Dans son esprit, la soirée de relaxation était terminée, il fallait passer à autre chose. Même si le visage d’Alistar avait du mal à s’effacer de son esprit. Elle rangea l’outil de contraction moléculaire dans sa poche, afficha un plan miniature d’Onyx dans un coin de sa vision et s’élança dans les ruelles sombres de la capitale métalienne.

    « La cible se dirige droit vers ma position » fit Lilith dans le micro associé à sa nano oreillette. « Je me charge de l’interception. Je veux une unité en couverture, et l’autre pour empêcher tout rebroussement de chemin de la part de la cible. »


Les Seraphims travaillaient très souvent par deux. Et dans la situation actuelle, ça l’arrangeait. D’un rapide mouvement de doigts sur un clavier virtuel, elle envoya à ses hommes la position prévue de l’interception, afin que l’un d’entre eux prenne place à couvert, afin de palier à un éventuel imprévu. Les Seraphims étaient sur le point de mettre la main sur une source d’information réellement intéressante, il fallait être prudent. Quelques minutes plus tard, les Seraphims avaient pris place. L’un s’était posté sur un bâtiment de taille moyenne, afin d’avoir vue plongeante sur la scène. Un autre continuait de poursuivre la cible. Et Lilith s’était plantée au milieu de la ruelle, attendant que la cible pointe le bout de son nez, le mode vision de nuit de ses lentilles activé. Un homme ne tarda pas à pointer le bout de son nez à l’angle de la ruelle, et il s’arrêta net en voyant deux lames de lumière lui barrer le passage.

    « Arthur Horem » annonça la chimérienne, d’un ton froid. « Au nom de l’Empereur de l’Ordre, vous êtes en état d’arrestation. »


L’homme hésita, puis tourna la tête pour regarder derrière lui. L’autre Seraphim lui barrait la route. Fixant froidement sa cible, la chimérienne leva ses deux sabres, positionnant leurs lames de manière parallèlement au sol, une main devant elle et l’autre au niveau de sa tempe, fléchissant légèrement sur ses appuis. Pourtant, son attention était aussi centrée sur les alentours, s’attendant à ce qu’une tierce personne intervienne. En principe, les indics avaient des connexions. Et faisaient appel à elles lorsqu’ils étaient en danger. D'autant plus que cet indic n'était qu'une partie de ce que les Seraphims avaient découvert - d'où l'intervention du Lieutenant.


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Alistar Oneiros
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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   05.02.11 15:05
"Merci pour cette soirée."

Cette phrase résonna dans le crâne d'Alistar. Sans bouger, il regarda sa cavalière s'enfuir pour rejoindre le cercle : arrivée en bordure, il la vit se mettre à courir, disparaissant rapidement dans la foule. Il ne bougeait toujours pas. Lui qui avait espéré pouvoir rester à ses côtés encore un peu, parler un peu plus avec elle. Lui qui s'était imaginé la raccompagnant jusque chez elle, pour ensuite lui donner un rendez-vous un peu plus tard, dans un café, ou autre chose, peu lui importait.
Alistar s'était prit d'affection pour cette jeune femme, sans vraiment en comprendre la raison. Son regard de glace, les couleurs tranchantes de ses habits sur sa peau. Son corps fin et jeune. Son souffle doux, calme. L'élégance de Lilith tout comme son attitude l'avait séduit, et la voir partir ainsi...

"Slaider ?"


Une voix sortait de son oreillette. Val'Ankor.

" Désolé si je vous interrompt dans votre soirée ou votre danse, mais Horem est sur le point de se faire capturer. Il se dirige vers votre position actuellement. Vous avez une minute pour sortir de là et le rejoindre. "


Val'Ankor avait forcé la liaison du bipper pour le prévenir. Alistar s'en voulut : le vieil Horem était un type bien et l'avait beaucoup aidé. Il aurait du répondre.

- Hmm... Coupez votre micro, c'est le bazar chez vous. Je suis au secteur Ouest, donc je vais mettre environ 30 secondes à arriver. Je ferai un tour rapide des toits sur lesquels ils devraient traîner quelques Séraphim. Je vous laisse vous occuper de la récupération d'Horem au sol. Sortez de la boîte et enfiler votre combinaison, je vous ai envoyé le plan de route. Allez-y, on reste en liaison. Ah, et rétablissez votre micro en sortant."


Trente secondes pour arriver du secteur Ouest? Alistar se demanda rapidement quel véhicule pouvait bien parcourir la dizaine de kilomètres qui les séparaient à une telle vitesse. Mais il se garda bien de réactiver son micro pour le demander à son patron, et préféra se mettre à courir. Il bouscula plusieurs couples, provoquant la colère de quelques types. Peu lui importait. Il fallait juste courir. Et sortir Arthur de cette merde.
Il passa aux toilettes pour activer sa combinaison d'anonymat sans être vu, puis se remit à courir. Cette fois, les gens s'écartèrent : un type en CdA a quelque chose d'inquiétant.
Ainsi il arriva sans encombre jusqu'au videur. Lui se mit en tête de l'arrêter : voir sortir de l'établissement un type en CdA, de plus en courant, alors qu'on est le gardien des lieux, c'est un peu inquiétant. Et en plus ça aurait un bon moyen pour lui de montrer qu'il était bon. Alistar, de toute manière, ne se posa aucune question. Il esquiva le type, puis sa lame paralysante jaillit sous son bras droit et taillada la jambe droite du lycan. Celui-ci s'affaissa sur le sol en quelques secondes, laissant filer le rebelle.

Après cela, le Zéphyrien se connecta à l'Asgard et ouvrit la carte de Lloyd. Horem était proche, et se dirigeait effectivement vers sa position. Il reprit sa route.
Tout était désert autour de lui. Peut-être un couvre-feu, se dit-il. Avec l'arrestation d'Horem, c'était fort probable. Du coup, seule la neige lui tenait compagnie, puisqu'elle recouvrait les trottoirs de part et d'autre de la rue. Enfin, elle l'entravait plus qu'autre chose.

En courant, il repensa à sa soirée.
Un beau gâchis, encore une fois. Lilith s'était envolée d'un seul coup, brisant ses espoirs d'une soirée, voire d'une nuit passée pour une fois en compagnie de personnes non liées à la Walkyriade. Une soirée pour lui.
Et pour la deuxième fois, en plus, ses actes irréfléchis menaient quelqu'un qu'il appréciait à sa perte. Après Inderenn, Horem.
Le souvenir d'Inderenn ressurgit, lorsqu'ils avaient combattu les forces impériales à Emeraude. Il se souvint de sa soeur, tombant à genou sur le marbre froid du palais du gouverneur, sa combinaison ne présentant pourtant aucune trace de balle. Son sacrifice n'était que le résultat pitoyable de son incompétence, puisqu'il n'avait su la protéger qu'en s'interposant bêtement entre elles et les balles impériales. Son coma n'était qu'une nouvelle conséquence désastreuse de son immaturité. Pour lui, c'était clair : il faisait de la merde.

C'est torturé par ces sombres pensées qu'il arriva à l'endroit où Horem s'était arrêté, il y a quelques secondes. Et c'est déchiré entre la haine et l'amour qu'il la revit.

"Lilith ?" souffla-t-il.

Il se plaça contre un mur et activa le camouflage de la CdA. Il se mit à rechercher des données sur Lilith, et enfin, il comprit sa méprise. Son poing parti frappa le mur violemment, et une larme de colère se mit à couler sur son visage masqué. Il dégaina ses deux épées, prêt à foncer, sans réfléchir.

Un claquement, suivit d'un coup de feu retentit et le retint contre le mur.

***


Quelques instants plus tôt, QG de la Walkyriade du secteur Ouest :

" Illyana. Horem a un problème.
- Comment ça, un problème ?
- Il a les Séraphims au cul.
- Quoi ?? Mais c'est pas possible ! Tout le réseau est blindé, le codage a été réalisé par les meilleurs hackers de la boîte, et puis c'est Horem, il bosse bien quoi ! Jamais le vieux n'a été repéré dans ses magouilles... Qu'est ce...
- Une taupe. Je vois que ça. Et je crains que ça ne soit Slaider : deux des indics qu'il a rencontré dans la semaine ont disparus de la circulation, et maintenant Horem a des soucis.
- Tu comptes faire quoi ?
- Je lui ai dit de venir avec moi récupérer Horem. On verra la si il est de notre côté ou non.
- Bon sang... Je t'avais demandé d'arrêter les missions, tu es père je te rappelle."

Val'Ankor ne répondit pas. Enfin si. Il sourit à sa femme, la prit dans ses bras et l'embrassa. Puis il enfila sa veste de cuir, remonta le foulard noir qui recouvrait son visage, et disparu en un claquement.

Propulsé à la vitesse du son, il eu trente secondes pour réfléchir à son intervention.
Tout d'abord, il constata qu'Horem continuait à courir : le vieillard avait de l'énergie à revendre apparemment. Après un calcul rapide, il considéra le lieu où il devait arrêter sa course sonique pour capter Arthur.
Une fois sur place, ce qui lui semblait le plus judicieux était de nettoyer en priorité les toits : des Séraphims devaient s'y cacher pour dézinguer les sauveurs éventuels de l'indic. En théorie, ils ne devaient pas être plus de quatre, et un seul devait être posté à couvert.

Avenger s'arrêta donc net sur un toit, émettant un nouveau claquement d'air.
Il vit devant lui un homme en combinaison blanche, sniper à l'épaule, qui s'était retourné pour voir l'origine du bruit. Le Séraphim lâcha son arme - ainsi qu'un juron - pour saisir son blaster. Mais niveau vitesse, Lloyd s'y connaissait.

Le coup de feu sonna le déclenchement du conflit.


***


Alistar vit le corps tomber lentement du haut du toit. Lloyd s'avança sur le bord.

" Ok. Slaider je connais les deux Séraphims en bas, Va'Arda et l'autre là. Je m'occupe de ce dernier, toi je te charges de distraire un maximum la gamine pour laisser le temps à Horem de se barrer dans la bouche d'égout. Il connait les lieux mieux que tout autre, il saura se démerder une fois là bas. Vas-y.
- Alright."

Alistar se leva et commenca à marcher vers Lilith, toujours invisible. Son coeur s'accéléra, ses battements devinrent saccadés, de plus en plus lourds. La chimérienne était une Séraphim, l'une des pires et des plus craintes unités de l'Empire. Et pas seulement : cette gamine était en plus un lieutenant. Un lieutenant ! Lilith ? Comment aurait-il pu croire à un tel scénario ? C'était tellement absurde !

Il ne pouvait y croire. Une fille aussi parfaite aurait pu être suffisament stupide pour rejoindre l'Empire?

" Va'arda, derrière vous !"

Un claquement retentit à nouveau : Lloyd avait quitté son toit pour foncer sur le deuxième Séraphim. Va'arda, qui s'était retournée après que l'autre aie détecté le camouflage de Slaider, croisa le regard d'Alistar : cela lui suffit pour lancer une illusion. Il avait bien réfléchit, et ce qui lui semblait le plus efficace était de faire apparaître les proches disparus de Lilith afin de l'occuper un peu.
Une dénommée Myste apparue donc entre Alistar et la chimérienne. Il commença à la faire parler.

Horem s'échappa de l'enprise de Lilith, puis commença à courir de nouveau.
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Lilith Va'arda
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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   07.02.11 22:48
Un coup de feu retentit, brisant le silence de la nuit. Sur le plan miniature affiché dans le coin supérieur gauche de sa vision, Lilith vit s’éteindre le signal bleuté signalant la position du troisième Seraphim présent sur les lieux, qui s’était dissimulé sur les toits quelques minutes plus tôt. Ebcore un. Encore un membre de son unité qui perdait la vie à cause de sa négligence. Elle aurait dû s’en douter, les rebelles n’étaient pas stupides. En un éclair, toutes les sombres réflexions qu’elle avait eues plus tôt dans la soirée avant qu’Alistar ne la rejoigne lui revinrent à l’esprit, mais elle les chassa bien vite. Il fallait qu’elle se reprenne, qu’elle redevienne Va’arda, Lieutenant des Seraphims, modèle de sang-froid et de réflexion. Son regard saphir détailla rapidement Horem. Celui-ci ne se rendrait pas, comme l’attestait l’intervention de l’un de ses renforts arrivé sur le toit. Ce qui confirmait au passage que la cible était assez intéressante pour que la cavalerie accoure aussi vite. La jeune femme fléchit sur ses appuis et s’apprêta à agir, mais l’avertissement de son subordonné la coupa dans son élan. Elle se retourna vivement, croisant le regard de celui qui s’était approché silencieusement derrière elle, camouflage activé. Elle eut le temps de percevoir des traces de pas dans la neige trahissant l’individu, ainsi que d’entendre un claquement sourd derrière elle avant qu’une silhouette trop bien connue ne se dessine devant elle.

Deux rubis encadrés par une chevelure de neige, coupée court. Un sourire discret, comme toujours lorsqu’elle rencontrait sa cadette. Une écharpe pourpre, un veste entrouverte sur un haut léger bleu marine, deux revolvers rangés dans des holsters accrochés à sa ceinture. Myste Hatidjë. Exactement comme dans les souvenirs de la jeune chimérienne.

Le mur était encore ébréché. Un mur d’indifférence, qui, habituellement, protégeait le cœur de Lilith contre de telles attaques. Mais ce soir, rien que ce soir, elle avait consenti à abaisser ses défenses. Et celles-ci ne s’étaient pas rebâties aussi vite qu’elle l’aurait souhaité. Elle eut un instant d’hésitation.

    « Lilith. »


Une voix qu’elle n’avait pas entendue depuis cinq ans. Cinq longues années… L’esprit de la chimérienne dérailla.

« J’aurais tant voulu que tu viennes, ce soir. Tu as vraiment un don pour choisir les fringues, celles-ci me vont parfaitement bien. Tes cours de danse ont enfin porté leurs fruits. J’ai rencontré quelqu’un ce soir. J’aurais tant voulu… tant voulu que tu ne meures pas. »

Cette pensée tira la chimérienne sans ailes de sa torpeur. Son esprit se reconnecta à la réalité, et les sons d’un conflit se déroulant derrière elle lui parvint, ainsi que les pas précipités d’un homme qui fuyait pour sauver sa vie, voire plus. Les lèvres de Myste s’entrouvrirent à nouveau, laissant présager de nouvelles paroles. Le regard saphir de la jeune Va’arda passa à travers la vision, et les propos de son amie devinrent inintelligibles. Entendus, mais non écoutés. Et, pour se faciliter la tâche et réparer son erreur, la Seraphim ouvrit un canal de communication, et, à mi-voix, entama une longue liste de directives, incompréhensibles pour les non initiés :

    « NX121-1… QO SE 2 L… RST, directive A2. NX121-2 LK AR, blocus QO SE… 5L. Horem doit être capturé. »


Au milieu de ces directives, le regard de Lilith s’était détaché de la vision, et s’était baladé sur les environs, cherchant notamment à repérer l’auteur de ce petit tour qu’elle n’appréciait guère. Un éclair de rage traversa les prunelles bleutées de la jeune femme lorsqu’elle fut certaine de la position de son agresseur. La voix de Myste s’éleva de nouveau, après une brève pause de sa part. Elle ne l’écoutait pas. Elle ne l’avait plus écoutée depuis qu’elle avait prononcé son nom.

    « Tu es morte, Myste » lâcha la Seraphim entre ses dents.


Et, rageusement, elle lança sans crier gare l’épée lumineuse qu’elle tenait dans sa main gauche. Toute la rancœur qu’elle éprouvait envers son amie disparue parut accompagner son geste, et la lame traversa aisément l’illusion avant de se planter dans le sol, une cinquantaine de centimètres derrière le talon de son réel ennemi, à sa droite. La rancœur, oui. La haine. Elle pouvait bien haïr les morts, cela ne changerait rien à l’Ordre de la vie qu’elle souhaitait instaurer. Elle en voulait à Myste, et ce sentiment de rancœur était profondément ancré dans le cœur de la jeune chimérienne. Son ennemi avait choisi la mauvaise personne. La personne qui l’avait trahie, qui avait entraîné deux de ses amis dans la déchéance, et qui, de manière étrange, avait placé Lilith sur le chemin qu’elle arpentait à présent. Celui d’une subordonnée de l’Ordre croyant dur comme du fer à ses bienfaits.

A peine la lame lumineuse fut-elle plantée dans le sol que la Seraphim se jeta en avant, plongeant vers le sol et exécutant une roulade bien amortie par la couche de neige qui y était présente. Tout cela pour se retrouver légèrement derrière sa cible, à sa gauche. Elle tira d’un coup sec sur la poignée de l’épée qui lui était restée en main, et le câble qui reliait cette dernière à sa jumelle se tendit tout en fauchant les jambes du rebelle. Et, sans attendre un instant de plus, elle effectua un quart de tour en se relevant, la main gauche tendue droit vers l’ennemi, cherchant un contact physique avec celui-ci. Le pouvoir de la chimérienne était activé, et les premières cellules qui seraient à proximité de la main de la Seraphim aux yeux dorés à présent seraient violemment atteintes, entraînant une paralysie partielle – ou pire, selon l’organe touché – si Lilith réussissait son coup.

■ ■ ■


Dans le même temps, trois ombres s’élançaient dans les rues d’Onyx en direction du dernier endroit où Horem avait été aperçu. Deux Seraphims en moto, guidés par une androïde aux cheveux bleutés et au regard écarlate. Dont la mission était d’intercepter Horem dans sa fuite, pendant que ses deux complices étaient occupés avec les deux autres Seraphims, tandis que l’Armée régulière commençait d’instaurer un périmètre hors duquel la cible ne pourrait théoriquement se faufiler.


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L'archéologue

Alistar Oneiros
L'archéologue

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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   13.02.11 17:31
Horem passa en trombe à côté d'Alistar, en le remerciant d'un geste de la main. Il entendit le vieillard tourner derrière lui pour emprunter l'avenue par laquelle il était arrivé. Alistar ne se faisait donc plus de soucis pour lui : il n'avait plus qu'à tenir son illusion contre Lilith le temps que Lloyd s'occupe de l'autre Séraphim, puis celui-ci viendrait s'occuper de la fille, et les affaires seraient réglées.
L'image de Lilith à terre le fit frissonner. La vision de ce corps encore jeune, contre lequel le sien s'était serré le temps d'une danse ; ce corps dont il avait aimé la chaleur, la douceur, serait bientôt étalé à terre, paralysé par la mort. De sa peau fine et diaphane, déchirée par les balles des Walkyr, s'échapperait son sang jeune et chaud, et les sillons ocres engendrés par ces plaies viendraient habiller la neige des sombres teintes de la mort.

Ces pensées lui donnèrent la nausée. Comment pouvait-il abattre de sang froid la fille qu'il avait pu aimer quelques minutes avant ? Comment pourrait-il appuyer sur la détente lorsque son blaster serait braqué sur elle? Lui enfoncer sa lame meurtrière en pleine poitrine ?

Un bruit sec retentit sur sa droite. Il se retourna pour voir la lame de Lilith plantée dans le sol, à un mètre de lui. Et, comme il s'était retourné, il ne vit pas Lilith rouler sur son côté. Tout comme il ne vit pas le fil qui reliait les deux lames. Résultat : il se vautra lamentablement, face dans la neige. Il avait l'air fin, le Zéphyrien... Il fallait qu'il se relève, et vite. Ses mains poussèrent contre le sol, puis dans le même élan, il dégaina sa lame paralysante et pivota pour se retourner vers son adversaire.

C'est alors qu'il vit la main de la chimérienne s'approchant lentement de son visage, à la surprise du rebelle.

" Lilith qu'est-ce ..."

Sa phrase resta inachevée. Un nouveau claquement fouetta l'air, puis Alistar fut violemment projeté en arrière, tout comme Lilith. Il alla s'écraser à une dizaine de mètres de là, s'étalant de tout son long à nouveau dans la neige, un peu sonné. C'était un peu comme si un mur venait de lui rentrer dedans à pleine vitesse. Sûrement pas un pouvoir de Lilith en tout cas : la vitrine désormais éventrée sur laquelle elle avait été projetée portait encore sa marque... Elle aurait été idiote de faire une chose pareille.
De toute manière, la réponse arriva aussitôt. Val'Ankor apparut en un éclair à quelques mètres de lui, dos aux ennemis, sans avoir l'air plus inquiété que cela par leur présence.

" Désolé pour la projection. Mais dorénavant fait attention aux mains de la gosse : si elle te touche, c'est fini pour toi. Contente toi de la retenir à distance, compris?"

Alistar opina du chef, puis s'agenouilla, encore un peu groggy. Val'Ankor se retourna, pour voir son adversaire courir vers lui.

" Au fait tu pourrais me filer ta lame empoisonnée ? Ce type peut-se dématérialiser, et du coup j'arrive pas à l'envoyer valser contre les murs... Mais quand il m'attaque, il est obligé d'être matérialisé, donc il me suffira de lui planter la lame au bon moment, ce qui me permettrait de le finir rapidement et d'aller aider Horem. Va'Arda vient de lancer tout un périmètre de sécurité, et d'autres Séraphims ont été dépéchés pour l'arrêter, enfin, d'après ce qu'Illyana a pu décoder. Le temps que je le récupère et que je l'accompagne jusqu'aux dédales mécaniques, retient la gamine : c'est tout ce que je te demande Slaider. Elle est trop... encombrante pour que je m'occupe d'elle et des autres à la fois."


L'archéologue lança sa dague au pied du Walkyr, qui disparut à nouveau pour resurgir face au type qu'il affrontait.

Alistar se releva, et vit Lilith qui se tenait en bas de l'immeuble, hors du magasin qu'elle avait visité a contre coeur. La traversée de la glace ne l'avait pas laissé indemne. Enfin, ses habits en portaient les traces.
Le coeur de l'Archéologue s'accéléra. Il devait se contenter de la retenir, et cette fois, il ne faillirait pas. Il n'aurait pas à la tuer, non, juste à tenir vivant en parant ses coups. Il n'aurait pas à la descendre, et cela le soulageait.

Il reprit confiance.

" Double injection de D-ZOZ."

Il tendit ses bras, puis sentit les deux aiguilles pénétrer ses avant-bras tendus, puis ressortir. C'était son petit rituel lorsqu'il devait utiliser ses illusions les plus puissantes, celles qui le dévoraient le plus vite. Il activa ensuite le camouflage de sa CdA, se rendant invisible lors de l'illusion. Enfin, il lança le fichier de donnée sur Lilith, afin de pouvoir connaître ce qu'Alistar appelait ses "failles mentales", soient tous les événements douloureux de sa vie, ainsi que toutes les données sonores et visuelles disponibles sur les individus qu'elle pouvait apprécier. Le dossier n'était pas gigantesque, mais suffisant au goût d'Alistar.

Avant de lancer son sortilège, il se remémora encore une fois cette instant. La douleur intense : celle de son corps percé par des dizaines de balles. De ce souvenir jaillirait sa prochaine illusion : l'illusion de douleur était la pire qu'il sache générer. Associée à l'horreur psychique qu'il pouvait générer par d'autres illusions, il devrait pouvoir retenir Lilith. Et si, dans le même temps, affliger un tel supplice à la gamine le répugnait, il comprit vite qu'il n'avait plus le choix.

Il eut juste le temps d'entendre le décollage imminent de Val'Ankor et de voir la dépouille de l'Impérial s'étalant au sol, puis le monde sombra dans le cauchemard qu'il avait concocté pour Lilith.

Le spectacle des ombres pouvait commencer. Le temps d'une leçon qui, Alistar l'espèrait, ouvrirait les yeux de la gamine.

***


Tout était noir autour de Lilith.

"Va'Arda ?"

La voix d'Alistar résonna dans les oreilles de la chimérienne Puis se transforma en une aberration sonore, un sifflement aigüe absolument infâme, accompagné d'un lourd battement sinistre. Le battement, lent, s'accéléra, prenant de plus en plus de vitesse, angoissant, oppressant, et le crissement déchirant restait lui constant. Puis tout s'arrêta, et un silence encore plus insoutenable que le bruit s'installa. C'est alors que le premier personnage de la mascarade d'Alistar surgit d'entre les ombres.
C'était les deux jumeaux Tedrel, tout habillés de noir. Tout d'abord immaculés. Puis, soudain, un fin filet de sang coula lentement de leur bouche. Et d'un coup, leurs vêtements s'imbibèrent de leur sang, leurs yeux se révulsèrent et la bave commença jaillir de leur bouche.

" Lilith... Ils nous ont tués... Nolaan... Une balle dans le crâne... Et toi... toi, tu t'en..."

La propre image de Lilith apparue sous ses yeux, dans les mêmes vêtements qu'elle portait alors. Son bras se leva, armé d'un blaster, puis tira successivement dans les deux jumeaux. La décharge de douleur qu'avait concocté l'illusionniste envahit alors le corps de la chimérienne. Une douleur constante, à son paroxysme.

" Tu nous as laissé mourir... Nolaan n'est mort que pour avoir voulu être libre... Et toi, tu as..."

Les deux jumeaux devinrent indisctincts, puis disparurent en une sorte de brume, tout comme l'image de Lilith, leur voix se transformant en une sorte de grognement incompréhensible. Le paysage d'ombre se métamorphosa, et tout autour d'elle ne fut plus que désolation, destructions, apologies de haine et de souffrance. Un champ de bataille apparu, accompagné de son lot d'horreurs : ces corps calcinés et démembrés, cette odeur entêtante de chairs brûlées et de décomposition... Le crissement revint, toujours plus insupportable. Le pénitencier apparut à son tour, et se succédèrent tour à tour les salles de tortures, les zones d'exécution, les laboratoires des abominations impériales... Tout ces lieux où l'on voyait des hommes souffrir et mourir pour les choses plus insignifiantes. La barbarie de l'Ordre et de l'Empire s'étala devant les yeux de Lilith, toujours plus tiraillée par la douleur fictive à chaque nouvel homme souffrant.

Tout disparut à nouveau, laissant place à la salle à manger d'une maison, somme tout assez banale. Quatre enfants et leurs parents étaient attablés, riant à gorge déployée, racontant tranquillement les péripéties, sans grand intérêt, qui avaient rythmées les journées de chacun. Soudain, un soldat de l'ENGIA entra, puis deux, puis une dizaine. Sans raison. Sans chercher à comprendre, ni à réfléchir, ils s'alignèrent puis ouvrirent le feu sur les gosses et leurs parents. Puis la maison prit feu, et la famille disparut dans un torrent de flammes. L'image aurait pu être banale. Mais c'étaient les parents de Lilith qui venaient de cramer avec ses frères et soeur là dedans.

Alistar commençait à fatiguer. Une petite goutte de sang glissa de son oreille et de son oeil droit. Il avait tenu dix minutes, et ne pourrait plus tenir très longtemps à ce rythme.

L'ombre seule réapparut donc. La douleur et le son disparurent, et Lilith fut de nouveau seule face à l'homme blond avec lequel elle avait passé la soirée. Ou du moins avec son ombre - Alistar n'était pas stupide. Celle-ci s'avança vers elle, doucement, et commença son discours, ponctué d'un pic de douleur périodique créé chez la chimérienne, histoire de contrôler ses réactions.

" Vois-tu, Lilith ? Cet Empire que tu adules, cet Ordre que tu vénères. Vois-tu ce poison qu'il engendre dans le coeur des gens ? Sur le sillage d'Orion et des pantins, comme toi, qu'il a appris à manipuler, on ne peut trouver que haine et destruction. Regarde ce pénitencier, autel de la souffrance ; regarde ces champs de bataille, ou mêmes les tiens sont morts pour un combat qui n'était pas le leur. Regarde autour de toi, bordel ! "


L'ombre environnante se dispersa et la réalité revint autour de la chimérienne. Seul le clone de Slaider était encore là. Alistar ne pouvait plus tenir l'illusion, sous peine de ne plus pouvoir agir. Ses yeux le piquaient, et du sang commençait à goutter des différents orifices de son visage ; c'était sans importance, mais c'était le signe de la fin prochaine des illusions.

L'ombre d'Alistar était parvenu à un mètre de la gamine. Elle s'arrêta.

" Va'Arda, ton combat n'a aucun sens. Un gouvernement ne peut être fondé sur la violence et sur le désaccord du peuple qu'il prétend protéger. Mêmes nos barbares d'ancêtres l'avaient déjà compris, et si les livres de Rousseau, de Platon et d'autres philosophes de ce genre n'avaient été brûlés, tu l'aurais compris depuis longtemps. Si tu n'avais pas était maintenue dans l'ignorance, tu aurais su que le sage Banquo en Afrique avait fondé l'âge d'or de ce continent sur ce principe simple d'un accord commun, qui, une fois remit en question, à entraîné immédiatement la scission du gouvernement. L'Empire n'est lui qu'une abomination vomie de l'imagination d'un connard qui se prend pour un Dieu. Tu peux encore le renier et rejoindre ceux qui se battent pour le bonheur véritable."

Il marqua un temps avant d'enchaîner.

" L'homme que tu voulais abattre, Arthur Horem, n'a jamais tué personne. Il n'a fait qu'aider les pariahs d'Onyx à s'en sortir et les a organisé pour les aider à venger les vies qu'Orion leur a volé. Tu aurais tué un type aussi bon et généreux qu'Horem, parce que tu agis sans aucune réflexion, bêtement soumise. Ils t'ont volé ta liberté, comme ils t'ont volé tes ailes."

L'ombre tendit sa main vers elle en une ultime invitation.

" Le bonheur et l'ordre ne peuvent être extraits du mensonge et de la violence. Seule la Vérité nous permettra d'écrire une fin heureuse à tout cela. L'Empire disparaîtra. Tu es belle, jeune, et forte. Et si on prend un peu de temps, on pourra te retirer de la tête les mensonges d'Orion, pour te faire découvrir la vérité. Il est hors de question qu'une fille comme toi sombre avec Orion."

***





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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   22.02.11 23:27
Les doigts de Lilith ne rencontrèrent ni l’habit ni la chair de son opposant. Un claquement retentit de nouveau, et l’instant d’après, la jeune femme se retrouvait projetée à travers la vitrine du magasin du coin, dont le propriétaire ne serait sûrement pas heureux d’avoir eu une visite de la part du Lieutenant des Seraphims. Une visite dont elle se serait elle-même passée, d’ailleurs. Des éclats de verre entaillèrent la chair et les habits de la chimérienne – qui n’était pas franchement bien habillée pour ce genre de confrontation – et elle sentit son dos protester lorsqu’elle acheva son vol plané contre le comptoir du magasin. Poussant un grognement, elle se releva lentement, cherchant à reprendre ses esprits le plus rapidement possible. Ce claquement… Elle l’avait déjà entendu quelques minutes plus tôt, avant que son regard ne se pose sur la pâle copie de Myste, qui n’avait été qu’une illusion. Un pouvoir, sûrement, mais pas de l’individu qu’elle avait pris pour cible avant qu’elle ne soit projetée dans le magasin. Et, pour confirmer son hypothèse, le Seraphim qui était confronté au second rebelle venu au secours d’Horem la mit en garde contre le pouvoir de ce dernier, qui semblait être un pouvoir de téléportation, ou d’accélération extrême. Ce qui expliquait pourquoi elle n’avait rien vu venir et s’était retrouvée à faire du vol plané contre sa volonté. Et apparemment, ce pouvoir ne se trouvait pas entre les mains d’un incapable – ce qui n’arrangeait pas franchement ses affaires.

D’un coup sec, elle tira de nouveau sur la poignée de son sabre qu’elle tenait toujours dans la main droite tout en rétractant le câble qui la reliait à la seconde, qui avait été projetée sur le sol à quelques mètres de la chimérienne. Elle accueillit le deuxième sabre de sa main droite, tenant déjà le premier, tandis qu’elle appliquait le pouvoir de régénérescence aux quelques points de son corps qui avaient été endommagés par la projection qu’elle venait de subir. Et tout ceci en braquant son regard doré sur l’extérieur de la boutique, où les deux rebelles semblaient être en train de se concerter brièvement. La Seraphim en profita pour jeter un coup d’œil rapide à la mise en place du blocus qui s’effectuait rapidement sous les directives de cinq de ses hommes. Les choses avançaient plutôt bien de ce côté-là. Un autre coup d’œil du côté d’Harmony. Elle et les deux autres Seraphims n’étaient pas encore tombés sur Horem. Et il fallait que Lilith se débarrasse des deux rebelles qu’elle avait sous les yeux afin de faciliter la tâche à l’androïde qu’elle avait envoyée pour appréhender l’indic métalien. Le Lieutenant ne perdit donc pas plus son temps en réflexions et, passant ses doigts fins sur une dernière plaie pour la résorber, elle sortit du magasin en balayant méthodiquement la ruelle de son regard doré, qui, sous cette teinte, semblait être encore plus indifférent qu’à son habitude. Sa dernière blessure soignée, la jeune femme reprit dans sa main droite l’une de ses épées jumelles, fléchit sur ses appuis, prête à s’élancer vers le rebelle qu’elle avait failli blesser plus tôt. Ses iris avaient gardé leur teinte dorée, qui accompagnait chacune de ses utilisations de la Main du Déchu et qui, étrangement, mettait de plus en plus de temps à disparaître dès qu’elle utilisait ses pouvoirs…

Son regard se posa sur l’emplacement où une silhouette venait tout juste de disparaître, sous l’effet du dispositif de camouflage de sa combinaison. D’un clignement des yeux, la jeune femme paramétra ses lentilles sur le mode détection, qui mirent un certain temps pour détecter quelque chose. Elle fronça imperceptiblement les sourcils. Ce laps de temps était anormal, sauf si… le camouflage utilisé était des plus performants. Et ce n’était pas la première fois qu’elle faisait cette constatation face à des rebelles. Il y avait anguille sous roche.

Tant pis. Pour le moment. Elle s’élança, fondant sur l’ennemi qu’elle venait de repérer. Et s’interrompit brutalement dans sa course après quelques pas. Tout était devenu noir. Et une voix, étrangement familière, venait de prononcer son nom. L’onde sonore sembla alors se déformer, pour devenir un bruit insupportable, qui, autant que l’obscurité, surprit la chimérienne qui porta par réflexe sa main droite à son oreille, alors qu’elle s’efforçait de garder les yeux ouverts et que ses dents serrées lui donnaient l’impression de rentrer dans ses gencives. Cependant, le réflexes d’élite de la chimérienne reprirent rapidement le dessus. Sa main se baissa, sa mâchoire se décrispa légèrement, et son esprit se remémora en un éclair les leçons tirées des tortures infligées par son tuteur lui-même par le passé, qui lui avait appris à résister. Aussi bien mentalement que physiquement. Son regard toujours doré scruta les environs totalement obscurs, son esprit tentant de rationaliser l’endroit, et de faire taire l’inquiétude née du battement lourd accompagnant le sifflement strident. Rapidement, la Seraphim comprit que tous ces éléments devaient être générés par le pouvoir du second rebelle qu’elle était en train de combattre, mais sa nature demeurait encore obscure. Illusion ? Réalité ? Le flot de ses pensées se tarit lorsque, après un silence angoissant, une silhouette, puis une autre se détachèrent de la pénombre dans laquelle était plongée la chimérienne.

Le mur était encore ébréché. Et au-delà des apparences, sa reconstruction ne s’était pas achevée en même temps que la disparition de l’illusion de Myste. Illusion. Un mot clef. Mais l’esprit de Lilith était sur le point de dérailler, de nouveau. Rationnel ou sentiments ?

Le simple rappel du passé ne tarda pas à se transformer en vision d’horreur, si bien que la jeune femme ne put s’empêcher de détourner le regard devant la dégénérescence de ses deux anciens amis. Mais ce regard doré se planta de nouveau sur le visage de l’un des deux Tedrel lorsque celui-ci prit la parole, pour rappeler à Lilith certains souvenirs… avec une certaine erreur, qui empêcha à l’esprit de Lilith de s’égarer dès le début de l’illusion. Le rationnel balaya les sentiments lorsque la rage de la chimérienne fit paradoxalement le clair dans ses pensées. Oui, ils étaient morts. Mais là où se trouvait l’erreur, c’était que ce n’était pas l’Empire qui avait tué le premier des jumeaux Tedrel, mais un rebelle. Le point de départ de la décadence. Et quand bien même Nolaan avait été tué par une balle de l’Empire, et quand bien même la mise en scène du rebelle était convaincante à un point qu’elle n’en laissa pas le cœur de la Seraphim totalement indifférent, la détermination et les convictions de Lilith ne furent en rien ébranlées. Ces dernières avaient été bâties sur la mort même des Tedrel, et elle le savait mieux que quiconque. Et c’était pour cette raison qu’elle ne pouvait les abandonner, et que de revoir les images de ses amis disparus ne faisaient que lui rappeler la promesse qu’elle s’était faite. Une douleur lancinante envahit le corps de la chimérienne lorsque son double imaginaire fit feu sur les jumeaux, mais à l’image de son esprit, son corps ne céda pas.

Cependant… le mur était encore ébréché. Alistar, sans le savoir, avait bien préparé le terrain pour son illusion. Les derniers propos de Nolaan ne purent s’effacer de l’esprit de la Seraphim. Libre. Oui, Nolaan avait voulu être libre, et sans hésitation, et si cela n’avait dépendu que d’elle, elle lui aurait donné sa liberté. Ne serait-ce que pour quelques heures, quelques jours, avant qu’elle ne bâtisse sur l’image d’Orion une société bâtie sur l’ordre et la paix.

Le regard de la jeune femme se baissa. Elle ne pouvait rien y changer, elle… Sa pensée ne s’acheva pas lorsqu’elle découvrit le nouveau spectacle que lui montrait l’illusionniste. Un champ de bataille, accompagné de son lot d’horreurs. Elle, qui était membre de l’Elite Pourpre, en avait pourtant déjà vu des tas. Elle, qui était responsable de la vie de ses hommes, elle avait déjà sentit la souffrance des hommes à la perte de camarades, quand bien même leur endoctrinement tendait à effacer ce genre d’émotions. Mais elle, elle ne les avait pas effacées. Elle les avait rangées dans un coin de son cœur, cachées, mais jamais effacées. Elle avait décidé qu’il en serait autrement, qu’elle les surmonterait. Et que de cela naîtrait son utopie. Alors, devant tant de souffrances… elle regarda. Ce spectacle morbide qu’on lui offrait. Son regard enfin redevenu saphir se leva et ne chercha pas à fuir les visions d’horreur. Et alors qu’apparut devant elle les salles de torture du pénitencier lunaire, elle lâcha ses armes et tomba à genoux, sous le coup de la douleur accumulée que lui infligeait l’illusionniste. Les bras croisés sur son ventre, elle ne détacha toutefois pas son regard du spectacle. Et, de temps à autre, ses prunelles vacillaient, allant même jusqu’à donner une larme à la fin du calvaire.

Effet de la douleur seule, ou des visions d’horreur atteignant l’esprit de la chimérienne ? Celui-ci, après quelques images, était devenu un chaos insondable, dans lequel elle s’était perdue. Une seule pensée avait été constante, et n’avait contribué qu’à la dérive de son esprit : la liberté de Nolaan.

Tout avait disparu, et une seule ombre se tenait à présent devant elle, alors que ses genoux étaient toujours au sol et ses bras croisés sur son ventre, son regard perdu dans le lointain. Les paroles de l’individu la pénétrèrent, atteignit le plus profond de son cœur habituellement inaccessible, mais à présent au milieu d’une tempête incohérente de pensées et de sentiments. Comment, comment avait-il fait pour désordonner ainsi le psyché de l’une des plus convaincues subordonnées d’Orion ? Probablement était-ce dû en partie au fait que l’origine de la brèche dans les défenses psychiques de la chimérienne n’était nulle autre que l’illusionniste lui-même, qui avait continué à forer dans cette brèche, jusqu’à ce que le mur éclate, luttant contre les efforts de reconstruction de la jeune femme.

La Seraphim leva les yeux. L’ombre d’un individu lui tendait la main, alors que les propos de celui-ci atteignaient de manière décalée l’esprit de la jeune femme. Cette dernière contempla la main pendant quelques instants, tout en assimilant le discours du rebelle sans broncher. Seulement, l’état de déperdition psychique dans lequel se trouvait la chimérienne sans ailes prit fin brutalement, lorsqu’un mot, un seul, ramena brutalement à elle toute rationalité.

Venger. Un mot, un seul, qui changea radicalement l’esprit de la jeune femme.

Elle desserra brutalement l’emprise qu’elle exerçait sur ses bras, remarquant au passage que ses ongles étaient allés jusqu’à entailler la chair inconsciemment, et se saisit vivement des deux sabres qu’elle avait laissé tomber quelques minutes plus tôt sur le sol enneigé. Avec la même rapidité, les deux lames fendirent l’air, traversant le clone d’ombre horizontalement. Elle se releva et passa son index et son majeur sur l’un de ses bras, activant de nouveau son pouvoir. Et son regard doré se darda sur le rebelle camouflé. Un regard empli de certitudes.

Nolaan était mort en même temps qu’Eirween. L’Ordre apporterait la paix aux hommes, car sa seule alternative étant le Néant. La chaîne infernale de la vengeance devait se briser.

    « Garde tes compliments pour toi et réfléchis à ton tour, illusionniste. » lâcha rageusement la Seraphim. « Si c’est par cette violence que tu espères me convaincre, alors tu ne vaux pas mieux que ceux que tu dis combattre. Tu as beau évoquer tes livres et leur prétendues sagesse, tu ne peux au final convaincre personne si tu combats les arguments que tu utilises. »


Elle baissa lentement sa main droite, et leva la gauche pour répéter son opération de soin qu’elle avait effectuée sur son bras gauche.

    « Dis-moi, cette liberté que tu évoques, apportera-t-elle la paix aux hommes ? Mettra-t-elle fin à leurs souffrances ? Non, car la liberté sans condition est synonyme d’anarchie, et de cette anarchie naît la souffrance. Regarde donc un peu ce que tu évoques, la vengeance. Tu prends cela pour un argument ? Ce n’est qu’une source de souffrance, et tu veux me faire croire que c’est une cause juste ? Quand bien même Horem n’a jamais tué personne, ses actions le feront, ou l’ont fait. Arrête de croire que ta cause prétendument noble te donnes tous les droits, qu’elle t’innocentes, ainsi que tous ceux qui se battent de ton côté. »


Sa main gauche se baissa, et elle fit quelques pas en direction du rebelle, son regard doré toujours ancré sur celui-ci.

    « Je vais te dire une chose. Orion n’est pas un Dieu. Il est un symbole, un symbole d’union pour les hommes. Je crois en lui, car je crois en l’Ordre. Et si cet Ordre est imparfait, si il est encore source de souffrance, nous l’améliorerons. La destruction n’est pas la solution à tout, contrairement à ce que vous pouvez penser. Quant à tes savants philosophes, t’ont-ils décrit au moins une fois une société dépourvue de souffrances, de larmes et de haine ? Ce que je souhaite, c’est la fin des souffrances. »


La chimérienne brandit l’une de ses lames, fléchit sur ses appuis…

    « Je vais donc mettre un terme aux tiennes. Pour mettre un terme à celle des autres. »


Et, sans rien ajouter de plus, la Seraphim fondit sur le rebelle, prête à lui porter un coup fatal.

■ ■ ■


Spoiler:
 [ HRP : Ohoho, j’ai pas mis un quart de ce que je voulais mettre u_u Tant pis x’D c’est si dur de jouer la méchante =p /sbaff/]



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L'archéologue

Alistar Oneiros
L'archéologue

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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   23.02.11 23:58
Horem continuait de courir lorsque que Val'Ankor surgit à ses côtés.

" Vous vous en êtes sortis finalement. Avec Va'Arda...

- Slaider s'occupe d'elle. J'ai tué l'autre type."

Horem s'arrêta soudain.

" Quoi ? T'es complètement givré ou quoi? Tu veux qu'il se fasse laminer ?

- Je lui ai demandé de tenir sa position, pas d'éliminer la Séraphim. Son pouvoir...
- Mais quelque soit son pouvoir bon sang ! Va'Arda est probablement aussi dangereuse que toi Lloyd."

Val'Ankor esquissa un sourire en coin.

" Crois-tu ?"


C'est alors que trois Impériaux surgirent à motos du bout de l'avenue. Deux motos, et un androïde. Ils se dirigeaient à toute vitesse sur les deux hommes.
Donc Val'Ankor fit de même. En activant son bouclier. Le choc fut dur, et il le ressentit, comme l'attesta la grimace qu'il tira sur le moment. Il sentit d'ailleurs que les motos semblèrent à un moment passer le bouclier. Mais l'objectif fut atteint. Rentrant dans les véhicules et dans l'androïde à la vitesse du son, il les envoya voler derrière lui, déstabilisés par le choc. Les deux Séraphims, qui furent expulsés de leur véhicules, avaient de lourdes armures de protection, qui privaient Val'Ankor de l'usage de la dague d'Alistar.
Mais pas de son blaster. Il se téléporta à leurs côtés alors qu'ils volaient encore, et finit le travail.
Seule l'androïde subsistait. Les androïdes sont souvent résistants, et assez puissants. Avenger fonça dessus. Et ce qui devait se passer se passa. Le robot fut projeté. Avenger se téléporta dans les airs, et enchaîna les charges, la faisant monter de plus en plus haut, sans qu'elle puisse agir. Puis il se propulsa au dessus d'elle, et accéléra d'un coup sec vers le bas. Le robot s'enfonça profondément dans le sol, hors service apparemment.

Val'Ankor réapparut aux côtés d'Horem. Il était épuisé, avait les oreilles qui sifflaient ainsi que la tête qui tournait. Mais il était en un seul morceau.

" On y va."

Horem opina du chef, et ils se remirent à courir. La bouche d'égout était juste à côté, dans une impasse encastrée entre deux imeubles, à quelques mètres. Val'Ankor vit au loin les hommes que Va'Arda avait mobilisé pour bloquer le périmètre. Ceux-ci semblèrent les repérer, puisqu'ils se mirent à courir vers eux.
Mais ils n'hésitèrent pas, et continuèrent vers la bouche.

" T'es sûr que les tunnels et les dédales mécaniques sont vraiment sûrs?
- Certain. Ils ont trop peur du Dayak pour entrer là-dedans.
- Et si on le croise, nous ?
- T'inquiètes pas pour ça... Au pire, tu courras au loin. Appelle Slaider, je veux savoir ce qu'il devient. Et dis lui que cinq minutes suffiront à ton arrivée.
- Ok. Slaider ? Tiens bon encore cinq minutes, c'est tout ce dont j'ai besoin maintenant. Je te récupère après, et je t'emmène à l'abri. Si t'as toujours t'as combi de camouflage à dis...
- Désolé patron, mais ça sera pas possible.
- Quoi ? Mais...
- Qu'est-ce qu'il se passe Val ?
- Ca a coupé..."

Ils étaient dans les tunnels. Mais plus un seul n'avançait.

***


Croyez-moi ou non, certains jours, on a tendance à se dire que la vie est pourrie. Notamment lorsque la fille dont on est tombé amoureux n'a d'autre désir que de vous empaler pour une simple divergence d'esprit.

Alistar était alors concentré sur le discours de la chimérienne. Alors chaque mot de la chimérienne résonnait dans la tête d'Oneiros, il se rendit compte de l'ensemble de ses erreurs. Plutôt que de la tourmenter de la sorte, il aurait du tenter quelque chose de plus pacifique... ou plus amical, il ne savait pas trop. Plutôt que t'attiser sa haine, il aurait du l'apaiser, mieux jouer sur ses sentiments... Il s'en voulait atrocement, et pas seulement pour lui, ni pour Horem qu'il savait désormais en sécurité.

Il s'en voulait sincèrement pour ne pas avoir sorti Lilith de là.

Le sang de l'Archéologue bouillonnait, et sa haine grandissait de plus en plus. Il se mit à haïr la famille de Lilith, qui l'avait menée dans l'erreur. Puis son ressentiment atteignit les deux jumeaux, qui avaient donné à cette fille la force de mener ce combat insensé, juste en creuvant comme des chiens. Enfin, après en avoir voulu à l'ensemble de l'Ordre, à ses défenseurs et à son chef suprême, il se mit même à critiquer Val'Ankor et Horem, qui l'avaient mené dans ce pétrin.
Ses pensées s'interrompirent quand la chimérienne trancha son clone. Il avait complétement déconné. Où se croyait-il ? Dans un salon de thé ? Il avait une lieutenant de l'Elite pourpre en face de lui, et il se permettait de penser à des futilités plutôt que de réfléchir à un plan. Cette erreur lui serait fatale, il en était certain.

Il se mit à analyser la situation - oui, mine de rien, il savait parfois penser vite, et comme la chimérienne était assez loin... Bon. Primo, il était invisible, mais la chimérienne continuait de courir vers lui : malgré les défenses et les protections de la CdA, la Séraphim avait réduit les capacités de camouflage de la combinaison à néant : il désactiva donc son invisibilité, pour ne pas user les batteries de la combinaison, en prévision d'une hypothétique fuite. Secundo, il n'avait plus qu'un blaster ainsi que sa seule dague paralysante, l'autre étant restée avec Val'Ankor. Tercio, une autre injection de D-ZOZ lui entraînerait un arrêt cardiaque, mais s'il ne la faisait pas, ses illusions seraient atrocement douloureuses.

En gros, il était cuit.

Il entendit Avenger rétablir la communication.

- Ok. Slaider ? Tiens bon encore cinq minutes, c'est tout ce dont j'ai besoin maintenant. Je te récupère après, et je t'emmène à l'abri. Si t'as toujours t'as combi de camouflage à dis...
- Désolé patron, mais ça sera pas possible.
- Quoi ? Mais...

Alistar coupa la communication. Lilith trancha.

Il se jeta sur le côté, effectuant une roulade bien négociée. Mais la Séraphim ne lui fit pas de cadeau. Ses sabres fondirent quasiment instantanément sur lui, et il dut à nouveau reculer. Il réussit à se redresser, tenant sa dague dans une main, son blaster dans l'autre. Il leva ce dernier vers la Séraphim. Mais elle fut plus rapide et dévia l'arme en la frappant violemment de son sabre gauche, et le tir manqua. Le Zéphyrien, aussi surpris qu'il puisse paraître, en profita pour effectuer deux salto arrière, qui l'éloignèrent efficacement de Lilith, afin de le laisser réfléchir un court instant. Il devait se contenter de la retenir : la paralyser suffirait. Il fallait donc qu'il passe un unique coup, puis ca serait bon. Pas - ou presque - de sang sur les mains : il ne la tuerait pas en faisant cela.
Alistar fit jaillir quelques Shurikens paralysant qu'il avait placé dans une poche de jambe de sa CdA et les lança à hauteur de tête. La Séraphim, qui s'était rapprochée, se baissa pour esquiver, en se tournant un peu sur sa droite. Alistar bondit sur elle dans une ultime tentative, la dague levée.

Et là, ce fut le choc.

Lilith avait du prévoir le coup, elle n'était pas idiote après tout, contrairement à l’attaque désespérée menée par Alistar. Alors que le rebelle se jetait sur elle, elle effectua une rotation au sol, lâcha ses sabres, et plaqua violemment sa main contre le torse d'Alistar avant que celui n'est pu la toucher.
Un hurlement de douleur résonna dans toute l'avenue. Du sang commença à écumer de la bouche d'Alistar, puis se mit à jaillir violemment. Sa main n'avait fait que le frôler, mais comme l'avait prédit Val'Ankor, ça lui avait été fatal. Il se recula, les mains plaquées sur son torse, tordu de douleur. Il plongea son regard dans celui doré de Lilith, cherchant à la fois une explication et la clémence de la chimérienne. Puis il s'effondra dans la neige, littéralement paralysé.

La haine et le regret l'envahir de nouveau. Mais cette fois, il réagit immédiatement, il n'avait pas le temps. Jonglant avec les onglets de l'interface de l'Asgard, il désactiva sa CdA, retrouvant ses habits de soirée. Après cela, il activa la démagnétisation du bracelet, le détruisant ainsi, afin d'empêcher toute connexion à l'Asgard.

Une fois cela fait, il regarda le ciel. De gros flocons de neige tombaient. Et le ciel était sombre. Il sourit. Alistar avait toujours aimé la neige, elle était si rare dans leur pays. Inderenn et Fen adoraient ça, eux aussi. Il pria de tout son coeur d'athée pour le réveil d'Inderenn.
Puis Lilith apparu au-dessus de lui, ses yeux d'or, déterminés, braqués sur son visage. Alistar se dit qu'une dernière parole pourrait être la bienvenue. Il inspira, et se mit à parler doucement. Elle ne semblait pas s'y opposer.

" Lilith... Tu sais, quand... quand je t'ai vu... je pensais pas qu'on finirait par passer la nuit ensemble toi et moi... Comme ça. Entre deux flocons de neige."

Son visage se fendit d’un large sourire, bientôt suivit par deux filets de larmes. Il avait échoué. Encore une fois. Et il attendait désormais le jugement.

Spoiler:
 
Je suis désolé, je me suis permit beaucoup de chose pour réaliser l'action... Si tu préfères reprendre un peu, dis le moi. Je sais que tu n'aimes pas prendre le contrôle des persos des autres, donc ca m'embête de prendre le tien... Mais bon ^^ En espérant que ça t'inspire ! Je te laisse choisir comment ca va se terminer... A toi de jouer ! Et je te le dis tout de suite : prends ton temps, t'es toute pardonnée pour l'attente s'il y en a, t'embête pas !



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Lilith Va'arda
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Race: Chimérienne

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MessageSujet: Re: Entre deux flocons de neige...   06.03.11 19:02
Une froide indifférence s’était emparée de l’esprit de Lilith. Celle-ci avait abandonné ses sentiments et son cœur derrière elle, ne laissant que la raison dicter ses actes. C’était l’esprit formaté pendant toute une jeunesse par des androïdes dénués de sentiments qui avait chassé le mélange de fureur et d’ardeur ayant empli le cœur de la jeune femme au cours de son discours destiné au rebelle. Ce discours lui-même s’était envolé, ne laissant que des calculs de distance, d’anticipation de coup et de précision vis à vis de ses propres attaques. C’était dans cet état de formatage dénué de tout sentiment que le Lieutenant de l’Elite Pourpre avait engagé le combat, comme s’il s’était agit d’un système de défense automatique après l’attaque psychique qu’elle avait subie quelques instants auparavant. Le tir dévié, l’esquive des shurikens, et même sa main effleurant le torse de son adversaire n’avaient été que le fruits de calculs exécutés avec froideur par un esprit… militaire – voire pire. Comme elle l’avait escompté, sa Main du Déchu paralysa littéralement le rebelle, qui s’effondra sur le sol enneigé après avoir poussé un effroyable cri de douleur que la chimérienne ne parut pas entendre. Celle-ci s’était en effet baissée sans frémir pour ramasser ses sabres, ne jetant qu’un vague coup d’œil à l’endroit où ses doigts avaient effleuré le corps de son adversaire, uniquement pour confirmer le fait qu’elle avait atteint sa cible avec brio : les muscles intercostaux, ainsi qu’une infime partie des cellules pulmonaires. Quant au regard du rebelle, il la laissa de marbre. C’était un regard qu’elle connaissait déjà, et qui, sur le visage d’un inconnu masqué, ne lui inspirait tout simplement rien. Pourtant, lorsque la combinaison d’anonymat du rebelle se désactiva pour laisser à Lilith l’occasion de découvrir le visage de son adversaire, elle ne put s’empêcher de réprimer un frisson.

Voire plus. La froide indifférence qui avait gagné son esprit les instants précédents se fissura, et elle commit de ce fait une erreur supplémentaire, laissant le rebelle démagnétiser la montre qui devait sûrement lui servir d’activateur pour la CdA ainsi que de communicateur. Mais ce détail en devenait presque accessoire devant le visage aux yeux sombres du rebelle encadrés par une chevelure blonde que la jeune femme aurait aimé ne pas reconnaître. Et quand bien même l’expression qu’elle affichait ne montrait rien de son trouble intérieur, elle ne pouvait s’empêcher de faire abstraction de toutes les pensées positives qu’elle avait eues sur cet homme plus tôt dans la soirée. Lentement, elle s’approcha de lui, alors que dans un coin de sa vision, une alerte s’affichait envoyée par Harmony, qui avait visiblement eu des problèmes avec le rebelle au pouvoir de téléportation. Encore une erreur de sa part. Elle n’aurait pas dû s’occuper du rebelle blond, mais de son complice qui avait quatre Seraphims hors de combat à son actif. Mais avait-elle vraiment eu le choix ? Les choses s’étaient enchaîné trop vite, et cette pensée s’imposait cruellement dans l’esprit de la militaire. En outre, les illusions d’Alistar étaient aussi une menace à ne pas prendre à la légère.

Alistar. Un nom qu’elle aurait préféré oublier. Ne jamais avoir connu. Si cela avait été le cas, elle l’aurait tué, sans état d’âme, et aurait ensuite déniché vite fait sur le gaz un véhicule pour courir après le rebelle qui avait fait mordre la poussière à quatre de ses hommes. Mais… elle ne pouvait pas. Cela commençait à faire trop pour cette soirée. Son cœur de jeune femme, presque jeune fille, était proche de l’overdose après avoir été ballotté dans tous les sens par les sentiments confus de la chimérienne. Nan parce que bon, entre le plaisir qu’elle avait ressenti en compagnie d’Alistar, l’indifférence dont elle avait dû faire preuve pour s’occuper des rebelles, l’hésitation puis la colère, la détermination et de nouveau l’indifférence suite aux illusions du rebelle, il y avait de quoi faire un beau bordel explosif. D’autant plus que la chimérienne avait volontairement baissé ses défenses psychiques pour le début de la soirée. Et de ce fait, elle ne pouvait tout simplement pas mettre un terme à la vie de cet homme en lui plongeant l’une de ses lames dans son cœur.

Un deuxième message lui parvint, par l’intermédiaire de ses lentilles. Les deux rebelles que poursuivaient les autorités venaient de pénétrer le dédale mécanique d’Onyx, fortement redouté par les hommes de l’Empire. Pourtant, ils ne pouvaient pas se permettre de perdre les deux rebelles maintenant qu’ils étaient si proches d’eux. Pour quelques instants, la chimérienne mit avec joie ses sentiments de côté pour formuler un ordre qui lui était bien plus familier que le désordre sentimental auquel elle devait faire face lorsqu’elle posait son regard sur Alistar.

    « Ne les laissez pas s’enfuir. Peu importe le dédale mécanique. Continuez la poursuite, et surveillez toutes les entrées du dédale mécanique du secteur. J’assume l’entière responsabilité de cet ordre. »


Ceci fait, elle posa de nouveau son regard doré sur le rebelle qui gisait au sol. Qu’allait-elle bien pouvoir faire de lui ? Que devait-elle faire ? Elle s’agenouilla auprès du jeune homme, rétracta en partie l’une de ses lames pour n’obtenir qu’une dague, la passa sous la montre du rebelle et la décrocha d’un coup sec pour l’y enfourner dans l’une de ses poches. De nouveau son regard revint sur le visage du rebelle. L’opération avait été rapide, comme si elle avait effectué ce genre de chose toute sa vie. Ce qui était effectivement le cas : réunir des indices, prélever les bons éléments, c’était une partie cruciale de son travail – là où les compétences de son unité et celles de l’unité d’Apolyon se recoupaient. Cependant, répondre à des dilemmes sentimentaux faisait un peu moins partie de sa vie quotidienne. Elle aurait presque rit amèrement de la situation, en repensant aux directives qu’elle donnait à ses hommes : ne laisser en aucun cas les émotions influencer leur travail. Et, alors qu’elle était toujours agenouillée auprès du rebelle, une chose surprenante se produisit. Un sourire amer s’étira sur les lèvres.

    « J’aurais aimé que ce ne soit pas le cas… » laissa-t-elle échapper dans un murmure.


Cela ne lui ressemblait pas. Pourtant, c’était bel et bien ce qui était sorti de ses lèvres entrouvertes, alors que jaillissait de sa mémoire un souvenir, une parole rappelant à elle la cruauté de la réalité. De même que tous les vœux qu’elle avait faits à la mort des jumeaux Tedrel.

« Tu dépends de l’Empire. Ne l’oublie pas. »


Ces propos résonnaient clairement dans l’esprit de Lilith, alors qu’elle venait à peine d’achever sa confession en un murmure. Cette voix, ce souvenir était encore là pour lui rappeler qui elle était, où elle était, et pourquoi elle était. Et, mue par une intuition, elle se retourna, et croisa avec surprise le regard améthyste d’Erys, qui s’était approchée silencieusement du rebelle et de la Seraphim.

    « Pourquoi es-tu là ? fit la chimérienne avec un calme parfaitement militaire, retrouvant le ton du Lieutenant de l’Elite Pourpre.
    - Vous autres humains auraient déclaré avoir ressenti de l’inquiétude. Je ne suis pas programmée pour cela, mais c’est tout comme. » répondit l’androïde d’un ton neutre.


La Seraphim s’interrogea un bref instant sur les propos plutôt étranges de l’androïde, mais sentant le regard perçant de celui-ci, elle jugea bon de passer à quelque chose d’un peu plus professionnel. La venue d’Erys, aussi inattendue pouvait-elle être, avait empêché la jeune femme de perdre définitivement son sang-froid pour la soirée. D’autant plus que la présence de l’androïde l’obligeait à agir comme le Lieutenant de l’Elite Pourpre qu’elle était sensée être. Et que celle-ci pointait accessoirement son bras transformé en blaster sur le rebelle aux cheveux blonds, prête à lui porter le coup de grâce à la place de Lilith.

    « Blaster bridé. » se hâta-t-elle de préciser à l’androïde. « Il détient peut-être des informations qui peuvent nous être utiles. »


Docilement, l’androïde modifia la fonction de son bras transformé puis tira sans ménagement sur le rebelle à terre, lui volant les restes de conscience qu’il pouvait encore avoir. De nouveau, un message vint s’afficher dans le coin de la vision de la chimérienne, qui constata avec un soupir exaspéré que les soldats de l’Armée régulière qu’elle avait mobilisés venaient de perdre la trace des rebelles dans les dédales mécaniques.

    « Aide-moi à m’en occuper. J’ai de toute façon besoin d’un équipement plus adéquat » ajouta-t-elle en voyant le regard fixe de l’androïde, qu’elle comprenait sans mal comme une interrogation sur le fait que le Lieutenant en personne se charge de l’emprisonnement d’un rebelle alors que deux autres étaient encore en cavale.


L’androïde ne fit aucune objection, et se contenta de s’approcher du rebelle inconscient et de soulever son corps comme si il était aussi léger qu’une plume. Puis elle tourna les talons, chargée du rebelle et suivie par la chimérienne pour rejoindre le véhicule qu’elle avait laissé au tournant de la ruelle. Après avoir passé les menottes aux poignets d’Alistar, elle le cala sur la moto, puis s’assit aux commandes de celle-ci. Lilith prit place derrière le rebelle inconscient, qui se trouvait placé entre Erys et la chimérienne. La première des deux ne tarda pas à mettre le contact et à filer en direction d’un des bâtiments qui servaient de base à l’Elite Pourpre au sein de la capitale de Métalia, alors que le regard saphir du Lieutenant se posa de nouveau sur le visage d’Alistar.

Quoi qu’on en dise, et même si la manière pouvait paraître étrange, elle lui avait sauvé la vie. Mais en son âme et conscience, elle savait que cela avait un coût. Venceslas lui avait appris ce genre de chose. Et si elle avait renoncé à chercher le scientifique expert en neurologie ces dernières années, elle n’hésiterait pas à présent à faire appel à lui. Car elle avait l’étrange intuition que si elle n’avait pas pu retrouver son tuteur, c’était notamment à cause du fait qu’elle n’avait pas eu encore réellement besoin de lui depuis qu’elle avait été nommée Lieutenant. Ce qui n’était plus le cas à présent.

■ ■ ■


Spoiler:
 [ HRP : Fin du topic ! Et ouais, vous vous y attendiez pas, hein ! /sbaff/
Voilà le topo : Horem et Val’Ankor sont coincés dans le dédale mécanique, Lilith ayant fait surveiller toutes les entrées du secteur. Alistar s’est fait embarquer par la méchante Lilith. Et donc ? Bah ils ont tous besoin de sauveurs ! xD Suite au prochain épisode =p
Je t’envoie par Mp les détails pour Venceslas. ]



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